| Chronique à dos de dromadaire : Lettre à un ami |
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| 30-04-2008 - 09:47 | |
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Par: Mohamed Lemine Lehraitani Il me semble que tes idées n'ont pas évolué au sujet du débat en Mauritanie. Tu soutenais que le pays est malade de ses intellectuels. Tu aimais à dire qu'il évoluait, remorqué à la charrette du Mauritanien ordinaire parce que l'intellectuel était occupé par la spéculation, par le bricolage politique, par le carriérisme. Aussi, appréciais-tu, très médiocrement, l'échange qui eut lieu entre Ould Breidelleil et Ahmed Baba Miske. Pourtant, ce sont-là deux géants d'esprit, faits de vieux ciment. Le premier est parmi ces rares intellectuels qui cherchent à rompre le silence dans une société où le mot sans couleur se brise sur le rocher de la capitulation et de l'aplatissement…
Pour ma part, je vois dans ce débat une véritable bénédiction : on n’a pas la chance de lire ou d'écouter nos têtes pensantes tous les jours. Face à nos misères, devant nos débâcles, notre intellectuel a toujours été plus silencieux qu'une araignée qui attache son fil… Le silence lui sert de boussole pour se diriger dans un pays où l'on égrène un chapelet de têtes de morts au rythme d'un cliquetis lugubre… On entend ce silence, même dans ses écrits. L'auteur de Barzakh parlait au vent, aux étoiles, aux êtres éthérés en gardant un silence frustrant sur les plaies de notre société. M'bareck Beyrouk , cette merveilleuse plume, montait au ciel pour voir si la pluie pouvait refuser de tomber, au moment des grandes incertitudes. Sidi Mohamed Khatry écrivant de ces articles à faire pâtir la tête d'un philosophe, tissait de ces raisonnements à faire pleurer un tigre mais en déployant ses ailes dans l'azur glauque de la pensée, loin de nos préoccupations majeures. Ahmed Baba Miske, lui-même, ne fut pas entendu chez lui, jadis, en voulant crier a tue-tête aux élites du Tiers monde ou Dans sa contribution au débat, , il n'a pas rompu ce silence. Deux principales raisons sont, dit-il, derrière sa participation: son statut d'intellectuel et son soutien au Président. Mais puisque ce statut redoutable fut complètement mis au service de ce dernier et que le rapport conflictuel qui devait exister entre eux se tourna en plaidoirie, on doit remercier le président d'avoir été la cause de la manifestation de ce phénix de subtilité. Quelle tristesse si les présidents n'existaient pas… Mais cette fois-ci encore, Ahmed Baba brillait par son silence. En manœuvrant sur le sol glissant de la louange, il agresse le peuple, rétrécit l'épaisseur morale de l'intellectuel, le démonétise et perpétue ce retrait de la parole qui signifie, la non revendication de dignité et le détournement de l'esprit. Ahmed Baba a-t-il ? Qu'est ce qui peut justifier un tel jaillissement? Ne pouvait-il pas, lui, l'homme de toutes les délicatesses, modérer ce débordement de sidiocanisme? C'est bien curieux de le voir se mettre à l'unisson des malheurs du….président ! Les juristes disent que c'est quand le dossier est mince qu'apparaît le talent de l'avocat. Mais s'il y'a quelqu'un au monde qui n'a pas besoin d'avocat, c'est bien le président. Il possède l'armée, la gendarmerie, la police, toute l'administration. En le voyant, les ministres sont glacés d’effroi et les gouverneurs se préparent à s'évanouir. Le juge le plus acharné, celui qui possède ce crâne bombé du vautour et ce regard perçant de la buse, devenait en présence de son Excellence, une . Pour une simple entrevue avec lui, chacun de nous est prêt à laper toute la boue d’une Sebkha. Sa demeure est si vaste qu'elle peut loger une tribu et les soucis domestiques n'ont aucune prise sur lui. On lui réserve toujours le meilleur morceau, la meilleure place, y compris a la mosquée, le meilleur sourire, même chez ces opposants qui voient la voûte du ciel se lézarder au dessus de la Mauritanie…C'est dire que le président a peut être besoin d'un fou, d'un rossignol ou d'un chargé de communication, mais point d'un avocat. Qu'est ce qu'il a notre intellectuel? Traîne t-il avec lui un typhus moral qui et d'arriver à cet ? Pourquoi passe t-il toujours a coté de nos souffrances et de nos douleurs, y compris dans son imagination? Comment arrive t-il a écrire ces romans en biscuit, remplis de riens, au moment ou le pays danse sur des précipices? Pourquoi se tourne t-il en cactus quand il "défend" le président et en patient philosophe quand il prend la cause du peuple? Pourquoi est- il plus salutaire de planter sa tente dans les solitudes muettes de l'Awkar que de faire confiance à cet intellectuel? |
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