Démocratie en Afrique: Echec et mat ! Version imprimable Suggérer par mail
01-09-2008 - 15:25

Par: A. M. T. 

Coups d’Etat par-ci, forcing aux élections par-là, modifications inappropriées de constitutions... la démocratie en Afrique a du mal à faire son chemin de Damas après que toute l’humanité eut pourtant crié haro sur les dictatures sanguinaires et corrompues.

Hier le Kenya et le Zimbabwe, aujourd’hui la Mauritanie, naguère convertis aux vertus de la passation civilisée du pouvoir, retournent à la case départ des coups de force. Au Tchad, Déby ne devra son salut qu’à la perche tendue par la France. Demain à qui le prochain tour ?

Parce qu’ils ont tout le pouvoir, des chefs d’Etat, qui se perdent facilement sous les lambris dorés des palais, modifient les lois fondamentales au gré de leur humeur, dédaignent le suffrage populaire et s’auto-octroient des scores "nord-coréens" à l’issue de scrutins contestés et contestables.

Parce qu’ils ont été remplacés par d’autres, des généraux bedonnants peuvent aussi, dorénavant, porter l’estocade au président "élu". Où a-t-on vu un chef d’Etat légitime qui n’a plus l’autorité nécessaire pour nommer qui il veut là où il veut ? En Mauritanie bien sûr où Sidi Cheikh Ould Abdallahi n’est rien d’autre que la victime pantelante d’un jeu de dupes. Ha l’Afrique !

Tout cela se fait dans la quasi-indifférence de la communauté internationale qui, finalement, ne condamne que du bout des lèvres. L’Union africaine, qui a récemment perdu sa "voix", son œil de Caen qui empêche les putschistes de dormir du sommeil des justes, assiste impuissante à la montée du péril des changements par la force.

Il y a peu, appliquant à la lettre le rejet catégorique de tout coup d’Etat et prônant le rétablissement de l’ordre constitutionnel normal partout où cela est nécessaire, elle sonnait la charge contre le régime qui s’était emparé de force de l’île d’Anjouan après une parodie d’élection. N’est également plus de saison le rétablissement d’un certain Ahmed Tejan Kabbah, alors victime d’un coup d’Etat en Sierra Leone.

Que ceux qui croient que la communauté internationale et l’UA peuvent leur servir de parapluie malgré leurs œuvres de destruction nationale se détrompent, "o bana" (c’est fini). D’ailleurs leurs plus chauds partisans seront les premiers à tourner casaque en suivant la direction du vent. Alpha Blondy a raison : "Abas le président ! Vive le président !" "Bé bi yèrè yé" (chacun pour soi, Dieu pour tous). Dans ce cas, le meilleur rempart, n’est-il pas la traduction en actes concrets des aspirations populaires ?

Il n’empêche que si Mugabe et son pair kenyan avaient été rappelés à l’ordre, sommés d’organiser de nouvelles élections libres et transparentes ou boycottés par le monde, nul doute que la Mauritanie aurait encore à sa tête son président "élu".

Le continent n’est-il pas mûr pour servir des fois d’exemple ? " Non, il faut que celui-ci vienne toujours d’ailleurs " , me souffle-t-on. Menacé de destitution, le général Musharraf, ci-devant président du Pakistan, a pour sa part préféré démissionner, laissant à la postérité l’image d’un démocrate alors qu’il avait pris le pouvoir par les armes. C’est presque une sortie par la grande porte.

Il est temps que les démocrates au pouvoir sous nos tropiques se ressaisissent, qu’ils s’éloignent des vertiges du pouvoir, qu’ils respectent l’esprit et la lettre de leurs constitutions... Sinon tout le reste n’est que leurre avant l’échec.

 

Source: Les Echos du Mali


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Commentaires (1)
1. 04-09-2008 13:13
La democratie percue par d'autres comme etant un luxe doit se faire redecouvrir par l'afrique une campagne d'information et de vulgarisation doit etre lancee pour mieux expliquer au peuples analphabetes a 65 % c'est quoi cette democratie, elle n'est pas seulement un systeme de gouvernance saisonnier ou on en profite pour festoyer et faire etalage de son pouvoir sur les foule. 
 
Le citoyen qui vit dans les meandres de AL MAJABAT AL KOUBRA en Mauritanie ou dans un coin recule de la vallee du fleuve de mali ne se souci que de sa pittance quotidienne ce qui se passe dans les ville lointaine habitee par des personnes qui parlent un langage incomprehensible n'est pas adress a eux. 
 
Ces memes personne habillee d'une maniere bizarre qui debarque dans des chariots de feux chaque fois que la pluie se fait attendre, ne sont pas leur monde et ils ne comprennent pas ce qu'ils veulent, c'est pourquoi je crois que le systeme americain instauree durant une epoque ou les usa etait peuplee des avantriers analphabete est plus appropie. 
 
Du moins un college electrole taille sur mesure pour chaque pays en afrque ou une commission de sages integre qui statifie sur l'eligibilite des pretendant, ceux qui comprennet l'enjeu sont charge par une population qui confaince en eux pour choisir a leus place et trancher sur question que seuls eux peuvent comprendre.
Member de Wuro

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