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Lors d'une enquête conjointe, Click4mauritania et Taqadoumy ont appris que le Président de la République serait placé sous écoutes téléphoniques. Selon nos sources, un ressortissant français, résidant en Mauritanie, opérerait, depuis des mois, en étroite relation avec d'importants membres du BASEP (1), afin de mettre en place un dispositif de suivi des appels qui couvrirait les principales lignes de la Présidence.
C'est ainsi que le BASEP aurait commandé, depuis plus de 3 mois, d'importantes quantités de matériel de surveillance de toute sorte - comprenant micros, consoles d'écoutes téléphoniques, logiciels d'interception de courriels (notamment par mot-clé) et caméras ; un ressortissant français, appelons-le Bob (2), livrerait le matériel ; d'aucuns le soupçonnent d'appartenir à la DGSE (3). A plusieurs reprises, des proches du Général Ould Ghazouany (4) et d'autres militaires haut gradés évoquaient le contenu de communications interceptées entre le Président de la République et son premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghef, ainsi qu'une autre, du premier à Ahmed Ould Sidi Baba. La source précise que le matériel fourni par Bob serait de très haute qualité ; la technologie de pointe du système d'écoute téléphonique se fait par zone résidentielle et non plus en fonction du numéro d'appelant. En clair, tous les appels passés de la résidence présidentielle ainsi que des bureaux de la Présidence sont systématiquement interceptés, quelque soit le destinataire ou l'auteur. Ces derniers temps, des rumeurs récurrentes circulaient sur la restriction des visites à la résidence présidentielle ainsi que l'interdiction de sortie à partir de 22 heures, sauf cas de force majeure. Il est à noter que le Premier Ministre et certains conseillers proches du Président ne sont pas épargnés par cette surveillance ; visiblement, ils en seraient conscients ou tout au moins se douteraient d'une contrainte puisque, régulièrement, ils se procurent de nouvelles puces de téléphones anonymes. Certains observateurs supputent que cet état de fait explique le nombre très élevé des déplacements présidentiels à l'étrangers : de peur que la surveillance ne se limite pas au Palais et afin d'établir ses communications les plus sensibles, le président serait obligé de trouver une excuse pour quitter le pays ; l'hypothèse convient surtout à son départ en Egypte, au plus fort de la crise dite « de la motion de censure » : le Président avait besoin de communiquer de manière confiante avec ses alliés, afin de préparer la riposte. La frénésie du secret ne touche pas seulement les hommes de Ould Cheikh Abdallahi. Ceux de Ould Abdel Aziz aussi se méfient. La visite récemment entreprise par Ould Gazouany à l'intérieur du pays consacrerait la sortie de promotions mais elle viserait l'objectif secret d'encourager la création d'un parti de l'armée, modèle assez courant dans les régimes pluraliste sous tutelle militaire. Ce n'est pas la première collaboration de Ould Abdel Aziz avec la DGSE ; selon une source française, trois éléments de la DGSE, dont notre Bob, ont dirigé l'assaut effectué par les forces de sécurité mauritanienne sur une villa près du centre émetteur, au Nord de Nouakchott, durant le mois d'avril dernier, lors de la traque des Salafistes armés. La source aurais avisé le Quai d'Orsay (5), et se serait vu répondre : « s'il y a eu des Français sur le terrain de la fusillade, ce ne serait que très anecdotique. En Mauritanie, on n'a que quatre coopérants militaires chargés de fournir une assistance technique aux Mauritaniens ». Bob en fait-il partie ? Pas de précision. Toujours est-il que, moins d'une semaine après la fusillade, les trois « coopérants » français qui y ont assisté subissent un tir nourri près de la présidence, Bob s'en sort indemne, mais ses deux amis subissent de légères blessures. Officiellement, l'on soutient que les éléments du BASEP, nerveux et sur les dents, ont tiré sur les 3 étrangers, les prenants pour des terroristes ; mais officieusement il se dit que les français ont réellement subit une attaque terroriste. Historiquement, la DGSE a toujours était en arrière plan de tous les coups d'état réussis en Mauritanie. Quoi qu'il en soit, dans le bras de fer qui oppose Ould Cheikh Abdallahi à Ould Abdel Aziz, il semblerait que cette institution militaire a définitivement choisi son camp. Notes :
1- Bataillon pour la Sécurité Présidentiel, commandé par le Général Mohamed Ould Abdel Aziz. 2- Nous avons choisi un faux nom, parce que nous sommes conscients que la publication du nom d'un agent secret en déploiement à l'étranger est un délit, passible de poursuites. 3- La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE service français de renseignement extérieur, Ministère de la Défense). 4- Le Général Mohamed Ould Ghazouany est le chef d'état-major de l'armée mauritanienne, c'est par ailleurs l'alter ego du Général Ould Abdel Aziz. 5- Le Quai d'Orsay désigne communément, par métonymie, le Ministère français des affaires étrangères.
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