La valse continue et le Premier ministre s'explique Version imprimable Suggérer par mail
07-07-2008 - 12:58

Par: Mohamed Fouad Barrada
Le bras de fer entre le Président Sidi Ould Cheikh Abdellahi  et certains  députés de la majorité   qui aurait dû   déboucher  sur une dissolution du parlement ou sur une motion de censure, a fini  par donner un scénario inattendu.

Sans attendre que les députés frondeurs aient raison de lui et certainement pour éviter au président l’écartelant choix de dissoudre l’assemblée, Ould Waghef a démissionné. Du coup, il a mis fin à de longues chamailleries qui ont pratiquement grippé la machine politique du pays…Dans le même temps, il est reconduit. En attendant de connaître ses nouveaux coéquipiers, celui qui jouit désormais de la confiance du chef a pris la parole devant la presse…

Le jeudi 3 juillet 2008, conférence de presse dans  les locaux de la primature.  L’acteur de cette conférence, le deuxièmement nouveau Premier Ministre veut  établir la confiance entre les antagonistes de la majorité.  Ould El Waghev a déclaré  que   « la démission de  son gouvernement  semble la meilleure solution  afin d’éviter la fracture entre les composantes de la majorité ».  Sur la question d’être capable de réussir un tel pari, il a répondu : «  je suis  déterminé à faire appel à  toutes les forces politiques de la majorité pour qu’elles  puissent  dépasser leurs mésententes ».  Le nouveau premier ministre fraîchement reconduit avait aussi annoncé  que  les récents événements politiques  ne sont qu’une confirmation du bon  fonctionnement démocratique.

Soulignons que des parlementaires frondeurs du parti Adil  ont félicité l’actuel  PM.   L’actuel  PM  nie, par ailleurs, l’existence de la crise politique.   Il réitère qu’il s’agit de la démocratie.   «  Il faut  que nous  majorité, nous  nous mettions d’accord, car ni la motion de censure, ni   la dissolution du parlement  ne seront en notre  faveur  », précise-t-il.  Une  question  surgit alors c’est celle du consensus. Celui-ci  va-t-il exclure l’opposition traditionnelle qui a intégré  la formation  du gouvernement sortant ?  Tawassoul  et   l’UFP  seront-ils hors jeu ?  Quel est leur  part dans la composition de la   prochaine autorité de l’exécutif?  S’agissant du  délai accordé pour le PM pour  proposer sa nouvelle équipe ministérielle, il faut attendre la semaine prochaine.    « Ce week end, je  compte me  reposer », déclare-t-il. On dirait  qu’  il veut   prendre du recul pour  voir clairement ou ‘majoritairement’.  Son    ultime but    semble   barrer la route à l’opposition d’Ahmed  Ould  Daddah.  « Avec la motion de censure, les députés   seront obligés de composer avec le RFD » martèle-t-il en guise de réponse.   En effet, les  rebondissements  de cette crise montrent  que  le  consensus   entre les parties prenantes  est un choix essentiel. 


En attendant  le gouvernement du  consensus, le  communiqué des  députés frondeurs déclare  que les futurs membres du gouvernement  doivent être propres, compétents et issus  d’une base parlementaire solide.  Ainsi, le Parti Adil /PNDD  a tenu une réunion, le samedi  5 juillet 2008 sous la présidence de Mohamed Yahya Ould  El Waghef.  Au cours de cette conférence, des adhérents de ce parti, rejettent  le fait qu’ils soient   traités par certains  hommes politiques  de  symboles   de la gabegie, en rétorquant  que si c’est le cas, tous les  autres  adhérents  influents  du parti  ne doivent pas être épargnés.  L’ensemble des forces  du parti  ont demandé, en outre, au  Premier ministre  de  leur  accorder   un délai  pour qu’ils  arrivent  à  se réorganiser   et se réconcilier.  D’autres membres ont soulevé la question d’immixtion de généraux dans les affaires politiques.  Il ressort de cette réunion qu’il faut attendre 7 jours,  voire plus,  pour avoir  une idée sur le  prochain gouvernement.   Notons que le mode de concertation, qui a donné naissance à  la dernière  composition gouvernementale démissionnaire,  était fait  sur la base de la représentativité au sein du parlement.   Chaque  groupement  de trois députés appartenant aux  formations partisanes  soutenant le programme de Sidi Ould Cheikh Abdellahi  avait  droit  à un poste ministériel.  Le nombre  de ministres  dépendait  alors du  nombre des  députés.  Mais cette règle  n’était pas respectée  à la rigueur.  Cela a provoqué des mécontentements au sein de  la majorité et l’éclatement de la crise    par  l’effet de la  bulle qui se matérialisait, entre autres, par  le retrait de l’UDP   de la majorité  et le dépôt de la motion de censure contre le  gouvernement du  chef du parti Adil.   Les organes  de ce dernier  semblaient   négliger le poids incontestable  de  certains parlementaires. Ce qui sous-entend que le parti lui-même doit  élire ses instances   selon la carte parlementaire, sinon la dissolution des deux chambres  serait la seule issue possible pour dépasser l’actuelle crise. 

Des observateurs affirment, par ailleurs,  que l’actuel président s’est   plié  aux pressions  internes  et externes  qui l’ont poussé à prendre une décision intermédiaire en  favorisant la démission du gouvernement.  Là,  les interprétations n’acquièrent pas l’unanimité.  Les analystes tergiversent entre  une optique allant dans le sens de l’apaisement de l’actuel   conflit  et une autre qui  confirme le fait que le prochain gouvernement  va difficilement  être efficace.

Parallèlement à cette situation, des sénateurs  s’attaquent à la famille du Président  Ould Cheikh Abdellahi, notamment les  sources du financement de  la fondation de sa  femme  Khatou Mint  Al Boukhary. Ces sénateurs   comptent  déclencher une procédure  de contrôle à l’encontre de la fondation KB.  Pourquoi choisir ce moment pour déclencher une  telle procédure     ?  La crise politique  en est-elle pour quelque chose ?
   
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Source: La Tribune n°407


Nombre de lecteurs: 303

Commentaires (5)
1. 07-07-2008 23:41
SIDIOCA doit tirer les conclusions. Son élection était une grave erreur politique qu'il est très grand temps de rectifier.
Visiteur
Moussa SIDIBE
2. 08-07-2008 00:21
jE PROPOSE AU PRESIDENT ELU SIDI MOHAMED OULD CHEIKH ABDELLAHI: 
 
1-METTRE LES "GENERAUX" A LA RETRAITE 
 
2-FERMER LA FONDATION KB 
 
3-MIEUX DOSER TOUTES LES DESIGNATIONS EN VEUILLANT AUX EQUILIBRES REGIONAUX TRADITIONNELS TOUT EN ECARTANT LES "CAMELEONS" 
 
4-CREER UNE NOUVELLE FORMATION POLITIQUE OU ASSAINIR ADIL 
 
5-VOIR LA POSSIBILITE DE COMPOSER AVEC LA VERITABLE OPPOSITION ET NON LES OPPORTUNISTES DU MOMENT 
 
TOUT EN LUI SOUHAITANT BONNE CHANCE DANS SA MISSION DIFFICILE QU'IL DEVRA ASSUMER JUSQU'AU BOUT.
Visiteur
SIDATY
3. 08-07-2008 00:27
Sidaty, 
 
L'option 3 amene toujours des problemes. Les designations doivent etre basees sur la competence. Autrement, on en sortira pas. Le reste est parfait avec moi, sauf la mise a la retraite des generaux qui peut-etre dangereuse. Il faut les mettre la ou ils doivent etre et promouvoir beaucoup plus de colonels pour dilluer leurs pouvoirs
Member de Wuro
4. 08-07-2008 03:35
meme en democratie parfois un president doit se faire preter l'habit d'un dictateur pour gener les situations de crise
Member de Wuro
5. 08-07-2008 04:37
le danger vient du complot sur la mauritanie organisé par KSA : Khatou, Sidioca, aziz, avec la complicité de leur gourou Elycom.
Visiteur
KSA

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