mauritanie

Vêtements usagers : un attrait qui ne s'exerce pas seulement sur les pauvres Version imprimable Suggérer par mail
18-02-2008 - 06:18

Image de NouakchottUne affluence record, à toutes les heures de la journée, des visiteurs appartenant à toutes les couches de la société, des produits de consommation à des prix défiant toute concurrence et offrant une gamme de choix très large.

Telles sont les principales caractéristiques du commerce, très prisé, des vêtements usagers, communément appelé "foukoudiay" ou "rabakha", mots à résonance wolof et espagnole, et qui, de plus en plus, mène une concurrence sérieuse au commerce du luxe, aussi bien à Nouakchott que dans les villes de l'intérieur du pays.

 

L'avantage de ces commerces de vêtement usagers c'est qu'ils offrent aux citoyens à revenus moyens des produits portant la griffe de grandes marques internationales, difficilement quérables dans les grandes boutiques et souvent concurrencés par le plagiat, à des prix défiant toutes concurrence.

Les boutiques de "foukoudiay" jalonnent les abords des marchés et commencent à envahir les différents quartiers de Nouakchott. Elles se signalent, de loin comme de près, par les odeurs des produits chimiques de conservation qui montent au nez des passants et par l'anarchie de l'exposition de leurs étalages.

Les produits exposés par ces commerces, qui concernent de plus en plus des produits autres que les vêtements, sont aussi différents que leurs pays d'origine. On y trouve de tout : vêtements, chaussures, mobiliers de maison, équipements ménagers qui dénotent de la diversité de l'offre mais également de la nature des bourses des éventuels acquéreurs.

Certains pays européens et d'autres du Golfe arabique sont considérés comme les principaux pourvoyeurs de notre pays en "foukoudiay" qui, dans l'imaginaire de beaucoup de Mauritaniens, sont les vêtements de personnes qui sont passées de la vie à trépas ! Ce commerce d'un autre genre est devenu la raison d'être de beaucoup d'importateurs en gros mais le détournement de l'aide apportée à la Mauritanie par certains pays amis est également supposée être une autre origine de ces produits sur le marché.

Destinés à l'origine aux ménages pauvres, les articles de "foukoudiay" attirent de plus en plus les classes aisées heureuses de trouver à des prix moins exorbitants les produits de grandes marques internationales.

Dans ce cadre, M. Mohamed Ould Sedigh, un acheteur du marché de la Capitale, déclare à l'AMI, qu'il se ravitaille habituellement, s'agissant notamment des habits de ses enfants et de quelques équipements de maison, au niveau de ces commerces pour produits usagers, précisant que sans la présence de ces boutiques, beaucoup de Mauritaniens ne pourraient s'équiper en vêtements, chaussures, téléviseurs et autres produits de la vie moderne.

Il a ajouté que la qualité des vêtements usagers tient à un coup de chance, précisant que vous pouvez tomber sur des articles d'excellente facture où acheter d'autres de qualité moindre.

Néanmoins, Mohamed Ould Sidigh considère que, dans tous les cas, la qualité des vêtements usagers est meilleure que celle de la plupart des produits exposés dans les marchés de Nouakchott.

C'est également l'avis de Salma Mint Ely qui, quoique appartenant à la classe aisée, visite continuellement les commerces de "foukoudiay" indiquant qu'elle a même les numéros de portables de la plupart de ses fournisseurs qui l'appellent à l'arrivée de toute nouvelle cargaison.

Elle a tenu à préciser que le problème au niveau des commerces de vêtements neufs n'est pas celui des prix mais de la qualité des produits et de la confection qui ne correspond pas à la mode et aux goûts actuels.

Côté commerçants de "foukoudiay", M. Cheikh Ould Brahim installé à Teyarett, déclare que cette activité lui permet de subvenir aux besoins de sa famille, précisant qu'il le préfère à un salaire fixe, généralement bas.

Il a indiqué que beaucoup de citoyens s'appuient, de manière essentielle, sur ces commerces, pour se procurer toutes sortes d'articles. Il a ajouté que ses clients appartiennent à toutes les couches de la société, précisant que certains "achètent sans hésiter à des prix convenables se préoccupant uniquement de la qualité alors que d'autres négocient longuement pour débourser le moins possible".

Il a précisé que les vêtements usagers proviennent, pour une grande part, de pays européens et arabes mais que d'autres ont pour origine les détournements de dons octroyés à la Mauritanie par des organisations humanitaires et des ONG de bienfaisance.

 
< Précédent   Suivant >