| Affaire de la drogue : Drogue, 'droguerie'...Trafics, quincailleries |
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| 23-05-2007 - 12:08 | |
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Communiqué de la police judiciaire. Containers au nom du principal accusé dans l’affaire. Incinération du produit. Eclaircies. Zones d’ombre.
Vendredi soir, le container est finalement ouvert. Il contenait plus de mille cartons de produits cosmétiques : douaniers et gendarmes ont ouvert les boîtes de bella aurora, nivea et autres produits de beauté. Rien de ce qu’on attendait. Mais dimanche soir, surprise : 5 containers au nom du même type débarquent au port de Nouakchott. Lundi soir, ce sont 8 containers qui sont attendus. Que contiennent tous ces containers ?
Nous verrons quand les autorités se décideront à en vérifier le contenu. En attendant l’enquête clarifie certains aspects de l’affaire. Premières conclusions
Deux mauritaniens ont été libérés mais demeurent inculpés. Il s’agit d’un ‘changeur’ de devises avec lequel la police avait retrouvé la somme de 20.000 euros, ce qui, en soit, est une infraction, et d’un chauffeur qui a été libéré sous caution de 200.000 UM. Les deux belges, note le communiqué, sont connus des services de police de leur pays, le premier pour trafic de cocaïne et escroquerie et le second pour trafic de cocaïne, empoisonnement de denrées et association de malfaiteurs.
Après enquête minutieuse, Interpol a pu aider d’abord à identifier les fuyards, ensuite à tracer la route du trafic, enfin à pénétrer toute la documentation informatique retrouvée par la police mauritanienne. Les deux belges recherchés seraient les membres d’équipage de l’avion, ramassés par leurs complices mauritaniens et désormais en fuite. Ils auraient pris la route d’El Hammami, vers ce no man’s land situé à la frontière entre le Mali, la Mauritanie et l’Algérie.
Il a ajouté que la justice suit son courant normal, indiquant que le dossier de cette affaire a été transféré à la justice après l'expiration de la période de garde de vue. Il a certainement oublié qu’il s’agit là d’une destruction de preuves. Ce n’est pas la première fois que cela arrive en Mauritanie. Et cela a toujours été un argument dans la bouche des avocats de la défense au moment des procès.
Selon une dépêche de la MAP (agence marocaine de presse),la fouille du véhicule incriminé, qui a été intercepté à son entrée au Maroc en provenance de la Mauritanie, a permis la découverte et la saisie de cette quantité de cocaïne, dissimulée dans une cachette aménagée dans la malle arrière. Ce qui relance le problème de la Mauritanie, ‘plaque tournante du trafic de la drogue’. En fait c’est toute la région ouest-africaine qui est concernée.
L’Afrique de l’Ouest s’est donc retrouvée en plein centre d’un trafic dont les sources sont d’une part l’Amérique du Sud, d’autre part l’Asie. Pour la cocaïne, la sous-région est alimentée à partir du Brésil, de la Colombie, du Venezuela et du Mexique. D’Asie vient l’héroïne principalement. La culture locale du pavot (yamba, kif…) et la production de drogues de synthèse ont leur part de ce marché florissant.
Selon les services spécialisés des Nations Unies, rien que l'industrie américaine des drogues représenterait entre 75 et 100 milliards de dollars par an et le pays compterait quelque 12,8 millions de toxicomanes. L’Europe fait face au même fléau. C’est énorme ! On comprend alors que les narcotrafiquants recherchent sans cesse de nouvelles routes, montent des filières nouvelles pour agrandir le marché de consommation. On comprend aussi pourquoi certains spécialistes pensent que la prohibition et la répression sont à l’origine du fleurissement du trafic. C’est ainsi que dans nos pays, se sont installées des réseaux assez puissants. Ils ont profité de l’état de déconfiture générale que connaissent nos Etats. Cause et conséquence de la présence de ces filières, la corruption est la première gangrène qui mène directement à la clochardisation de l’administration puis à la criminalisation de l’Etat. L’impunité est la deuxième source de prospérité des réseaux.
En moins de sept mois, trois prises spectaculaires. C’est que la Guinée Bissau subit une pression énorme de la part de la communauté internationale qui essaye de l’amener à lutter contre le trafic des drogues. On parle déjà de ‘narco-Etat’ comme on en parlait du temps de Noriega au Panama. Comme on en parle dans le cas de l’Afghanistan aujourd’hui. Justification ‘morale’ de l’expédition américaine contre Noriega.
En avril 49 kg de cocaïne sont saisis à la frontière avec le Mali. Le nord de ce pays n’est pas seulement un haut lieu de traite des immigrants clandestins, mais aussi de trafic de drogue et d’armes. Après avoir été le berceau du commerce transsaharien qui a donné les Grands Empires (Ghana, Almoravide en Mauritanie, Mali, Songhaï au Mali), cette région du Sahara est devenue un haut lieu du crime organisé. L'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) avait donné l’alerte depuis 2003, année qui a vu les prises se multiplier pour se chiffrer en tonnes et non plus en kilogrammes. «L'Afrique de l'Ouest est aujourd'hui une des principales plaques tournantes en ce qui concerne le trafic de cocaïne en provenance de l'Amérique latine, en direction de l'Europe», déclare Antonio Mazitelli, responsable de l'ONUDC pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre à la presse. La presse parle désormais de «triangle blanc». Selon les spécialistes : «La méthode la plus répandue consiste pour un bateau venu d'Amérique latine à décharger en haute mer sur un autre navire, généralement de pêche, venu du continent africain, afin de ne pas éveiller les soupçons. Mais une partie de la cocaïne transite aussi par la terre ferme.»
Selon l’enquête d’Interpol en Mauritanie, les marchés pourvus à partir de la Mauritanie sont ceux de France, d’Espagne et du Royaume Uni. Selon d’autres sources, il faudrait ajouter tout le marché florissant des pays du Golf et ceux de l’Europe de l’Est. On entend souvent dire que le commerce du poisson, mal contrôlé et ‘trop’ rentable, est la meilleure couverture pour de telles pratiques.
Récemment encore, la BBC diffusait un reportage sur les ramasseurs de météorites précieuses en Mauritanie, pour les envoyer aux Etats-Unis ou les vendre sur internet. La chasse est aussi une occasion de trafics de tous genres. L’économie de guerre qui se greffe autour des conflits comprend aussi la drogue. C’est d’autant plus vrai que la justification religieuse est évidente aux yeux des commanditaires de ce commerce. Une autre forme de ‘Jihad’ contre ‘les croisés’, selon les exégètes du radicalisme religieux. Empoisonner la vie des ‘mécréants’ et s’enrichir sur leurs dos. «Personne, disent les spécialistes, ne peut véritablement surveiller les frontières, parce qu'elles sont au milieu du désert et que la géographie des lieux rend les contrôles difficiles». Les moyens sont si dérisoires que la lutte paraît inexistante. «Parfois, déclare un policier français opérant en Afrique de l'Ouest, nous avons vraiment l'impression d'être en train d'essayer d'arrêter l'océan avec nos bras.» En fait, «le triangle que constituent le Sénégal, le Cap-Vert et la Guinée-Bissau est devenu une véritable autoroute pour le trafic de cocaïne, explique un policier français à la presse. Nous estimons à environ 240 tonnes la quantité qui passe par cette zone chaque année.» La Mauritanie n’est pas en reste. Elle est devenue une terre de transit depuis quelques années probablement. Aucune enquête sérieuse, pas de chiffres, pas de contrôles… En somme jusque-là un paradis pour les trafiquants.
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