| AFFECTATIONS DE DIPLOMATES : UN INTRUS DANS LA CAVERNE D'ALI BABA |
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| 29-06-2007 - 07:27 | |
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Etonnante disparité que celle des dernières nominations d’ambassadeurs de Mauritanie, dans un contexte de réduction des dépenses publiques ! Au milieu de la vieille garde, apparaît le nom d’un anonyme sur la scène nationale, Ibrahima Dia, désigné à Washington. Qui est donc cet intrus dans le microcosme et comment a-t-il pu bénéficier d’une promotion aussi importante sans jamais servir dans le système de pouvoirs, ni pendant ni après l’ère Ould Taya, contrairement à tous les autres diplomates actuellement en poste? Ibrahima Dia, 40 ans, est un produit conforme des Institutions internationales. La nomination ce jeudi du nouveau ministre des Affaires étrangères britannique, un an plus âgé que lui, le plus jeune à ce poste depuis 30 ans, vient à point nommé comme pour conforter l’adage selon lequel «la valeur n’attend point le nombre d’années». Après des études de cycle d’Administrateur à l’Ecole Nationale d’Administration de Tunis financées par l’USAID, puis à la Sorbonne et au Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques de Paris où il obtient successivement un DEA de Relations Internationales (Politique et Diplomatie) et un DES d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques, il intègre en 1997 la Mission permanente du CICR auprès de l’OUA à Addis Abeba. Dès août 1999, il est Coordinateur de recherche des preuves pénales au Parquet du Tribunal pénal international pour le Rwanda, à Kigali. Moins de deux années plus tard, il est muté à Kinshasa comme Expert des Doits de l’Homme au sein de la Mission des Nations Unies en République Démocratique du Congo (MONUC) dont il est propulsé, Conseiller politique, en 2002. L’année suivante, il y devient Expert en questions de Désarmement. En mars 2004, il dirige, à partir de Bujumbura (Burundi), le bureau de liaison régionale de la MONUC. Dans la foulée et jusqu’au début de l’année 2007, il assure, à Abidjan, la difficile et stressante tâche de Conseiller Politique au Cabinet du Représentant Spécial du Secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire. Il en démissionne à cause de divergences d’appréciation avec ce dernier, le suédois Pierre Schori, finalement désavoué par sa propre hiérarchie et dessaisi du dossier, quelques semaines après cette rupture. Ibrahima Dia, débuté au bas de l’échelle des Nations unies. Il bénéficie tous les deux ans et demi, d’une promotion, fait suffisamment rare pour mériter mention. Il est bilingue (Français, anglais) et s’exprime passablement en Arabe. Durant ce parcours d’exception, Ibrahima Dia a tissé de liens de travail avec de nombreux hommes d’Etat du continent (ami personnel du Président Tanzanien) et leurs entourages, particulièrement dans la région des Grands Lacs et la CEDEAO. Il se lie alors avec certains cadres du Ministère français des Affaires étrangères, devenus, après l’élection de Sarkozy, responsables dans la cellule diplomatique de l’Elysée. Il aura côtoyé l’actuel numéro deux du Département d’Etat américain lorsque ce dernier occupait le poste de Représentant permanent des USA à l’ONU. L’expérience, sur le terrain, lui a permis de fréquenter de nombreux journalistes dans la presse française et africaine. Inconnu en Mauritanie, c’est à peine si quelques esprits curieux ont remarqué sa participation discrète à la campagne électorale du candidat Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Il est marié et père d’un enfant. Petit fils d’un cadi incontesté du Guidimakha durant des décennies sous l’administration coloniale, il pratique un islam sunnite modéré. Compte tenu de son statut de fonctionnaire dans les Institutions Internationales ces dix dernières années, Ibrahima n’a appartenu à aucun mouvement politique. Sa désignation à Washington constitue, de la part du Président de la République, une audace inattendue. Etudes Mauritaniennes |
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