| Analyse d'un discours |
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| 07-08-2007 - 08:00 | |
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Par: Soueylemval L'entretien que le nouveau Président, Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi vient d'accorder à la TVM m'inspire les commentaires suivants que je suggère à ceux qui n'auraient rien de mieux à lire Sur la forme: simplicité et originalité Sidi, qu'il me permette de l'appeler ainsi pour la circonstance, a utilisé un arabe qui n'est ni le "très officiel" mais très peu littéraire, qu'utilisaient certains de ses prédécesseurs, ni cet autre arabe "de façade", lié à la fonction et que récitent (mal) ceux qui ne l'ont appris que pour les cameras. L'arabe de Sidi était celui de ses concitoyens (exceptés certains Négros-africains), c'est à dire un Hassaniya pure, moderne, qui évite d'emprunter beaucoup d'expressions aux langues étrangères. Au plan vestimentaire, boubou simple, bleu ciel, qui a coûté plus cher que sa couture, un peu comme celui de la plus part des Mauritaniens qui ne cherchent pas à se faire… distinguer L'endroit, vaste comme l'horizon de la liberté et d'un vert qui suggère l'hivernage, tranchait également avec les quatre murs, portraits personnels, drapeaux et autres bibliothèques qui auraient constitué l'essentiel du décor dans de pareilles circonstances. Au plan physique, les bras et le visage étaient ouverts, décrispés, accueillants Sur le fond: sincérité et fermeté Les sujets qu'il a abordés sont tous au centre de l'actualité nationale et concernent la vie quotidienne des citoyens. Il a donné l'impression de les connaître avec forts détails et les esquisses des solutions qu'il propose laissent penser qu'il a participé, de façon effective, aux analyses qui ont conduit aux remèdes retenus. Il n'a pas fait de promesses, ni en termes d'agenda, ni en termes de moyens, qui ne soient compatibles avec les ressources propres de l'Etat, mettant plus l'accent sur la nécessaire revalorisation des potentialités économiques du pays et sur davantage de productivité que sur l'aide extérieure Sur le plan politique, Sidi a voulu rappeler qu'il a de la suite dans les idées, en reprenant les principaux thèmes de sa campagne électorale qu'il suit, à la lettre, et fait traduire dans la réalité au travers du programme et des priorités qu'il a assignés à son Premier Ministre. Il déclare traiter l'opposition en partenaire institutionnel et responsable. Ce qui ne l'empêche pas de lui faire le reproche de pratiquer une certaine forme de rétention de l'information dans la mesures où elle n'aurait transmis à ses bases qu'une partie des informations vitales et de première main qu'il a lui-même communiquées aux responsables des différents partis au cours des entretiens qu'il leur a accordés. Sur les grandes questions de l'heure, Sidi semble donner priorité à celles qui conditionnent l'unité nationale et principalement, le retour des réfugiés, le passif humanitaire et l'éradication de l'esclavage. Trois chantiers sur lesquels il appelle à la participation et aux efforts de tous les Mauritaniens, mais dont il souhaite éviter la politisation. Les leçons: une main de fer dans un gant de velours ? On peut conclure, avec le recule, que si ces velléités d'indépendance et donc de liberté de manœuvre, étaient dictées par la ferme volonté d'être le seul maître à bord, elles seraient aussi révélatrices d'une certaine perception du rôle négatif des "politiques". D'ailleurs une certaine frilosité manifestée dans le discours, à l'égard de l'opposition et dans une moindre mesure vis-à-vis de la presse, les deux enfants gâtés de toute démocratie réelle, laisse penser qu'en cas de besoin, Sidi pourrait compter sur ses propres forces. Et c'est pour conjurer une telle éventualité, qu'il serait vivement conseillé aux deux oppositions, celle du dedans et celle du dehors, d'éviter toute attitude qui serait de nature à provoquer une usure prématurée du…gant. A bon entendeur salut ! Source: La Tribune 361 via www.barrada.unblog.fr |
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