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Par: MANON RIVIÈRE Implantées à Nouakchott, les deux banques comptent épauler l'économie locale. TOUS les mois, c'est le même rituel. Pour se procurer des billets de banque, Marie fait le tour des taux de change pratiqués par ses « amis banquiers ». Cette jeune coopérante française opte pour le plus offrant, à qui elle fait ensuite un virement sur un compte en France, avant de récupérer son argent en ouguiyas, la monnaie locale. « Tout le monde ici pratique le change en dehors des circuits légaux, affirme-t-elle. À mon arrivée, j'ai voulu ouvrir un compte, mais on m'en a dissuadé en m'assurant que les banques locales n'avaient pas toujours suffisamment d'argent en réserve ! »
L'arrivée de deux banques françaises à Nouakchott devrait changer la donne. La Société générale Mauritanie, profitant de la cession de la Banque internationale d'investissement, a ouvert ses locaux en février, tandis que la BNP Paribas Mauritanie est opérationnelle depuis la mi-avril. « Il y avait huit banques mauritaniennes avant notre arrivée, explique Roger Doublet, le PDG de la BNP. Il s'agissait exclusivement de banques commerciales à capitaux privés mauritaniens et adossées à de grandes familles industrielles. Le système avait une certaine opacité, avec pour conséquence un taux de bancarisation très faible, inférieur à 10 %. » Sur place, la Société générale Mauritanie et la BNP ne souhaitent pas limiter leur marché aux expatriés. Elles comptent devenir de véritables partenaires du développement économique.
« Actuellement, le taux d'intérêt est de 20 % sur la place de Nouakchott, assure Fabio Adinolfi, animateur commercial auprès de la Société générale. Nous souhaitons donner un petit coup de pouce à l'économie locale en proposant des taux entre 15 et 18 %. » Les deux banques comptent aussi mettre à la disposition des entrepreneurs des offres de financement à moyen et long terme. « Au niveau des entreprises, nous allons faire du crédit d'investissement, ce qui existe très peu aujourd'hui », précise encore Roger Doublet.
Lutte contre le change illégal
L'implantation des deux succursales françaises a été plutôt bien perçue dans le milieu bancaire local. « La BNP et la Générale participent activement aux discussions avec les autorités concernant l'amélioration du cadre juridique, estime Hanchi Mohammed Salah, le secrétaire général de l'association professionnelle des banques de Mauritanie. Nous avions aussi besoin de partenaires étrangers pour relever le prestige de la place de Nouakchott et la rendre moins risquée aux yeux des investisseurs étrangers. » Par leurs activités, les deux banques françaises vont donc s'associer à la lutte contre le change illégal et la finance informelle, deux fléaux qui touchent l'économie du pays.
Source: Lefigaro
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