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LETTRE OUVERTE A LA CLASSE POLITIQUE MAURITANIENNE, TOUTES TENDANCES CONFONDUES Depuis le changement de gouvernement consécutif à la démission de l'ex Premier Ministre Zeïne Ould Zeïdane en mai dernier, une crise de pouvoir, sourde à ses débuts, menace de paralyser les institutions et de discréditer le personnel dirigeant du pays.
Apparue d'abord à l'intérieur de la majorité présidentielle, elle a fini par s'étendre à l'ensemble de la classe politique. Les clivages prévalent bien au-delà de tels repères et revêtent un caractère transversal, entre les tenants de l'intégrité, de l’unité nationale et de l’équité mise en péril par le retour des symboles de la corruption et les risques d'une « démocratie » placée sous la tutelle militaire. Le 3 juillet 2008, devant la menace de la motion de censure à l'Assemblée Nationale, le Président de la République cède en apparence, mais reconduit son Premier Ministre démissionnaire Yahya Ould Ahmed El Waghef, auquel il assigne l'objectif de former un nouveau Gouvernement. Or il apparait que malgré ce dénouement apparent, la crise institutionnelle et politique perdure alors que le pays et les populations font face à d’énormes difficultés dans tous les domaines qui nécessitent parfois des solutions d’une extrême urgence. Face au danger, les forces objectives du changement et de la rupture d'avec le passé s'entredéchirent, y montrant une ardeur soutenue où les convictions et la courtoisie se dissolvent dans l'anathème. Elles rendent ainsi particulièrement ardue la tâche consistant à défendre et consolider les acquis obtenus dans le domaine de l’unité nationale, de la réparation des atteintes au droits de l’homme et des libertés démocratiques. Le moment est grave. Il appelle, de la part de tous les Mauritaniens, un sursaut collectif pour préserver notre jeune démocratie et la paix civile, à la fois des prédateurs d'hier et leurs protecteurs d'aujourd'hui. Le Collectif des Cadres Mauritaniens Expatriés (CCME) se lève fermement contre toute tentative de détournement de nos acquis démocratiques, contre la menace de l'effritement du capital d'estime et de sympathie que la communauté internationale a témoigné à notre jeune et fragile expérience démocratique et contre le chao politique qui détourne nos capacité à s'attaquer aux vrais problèmes de développement, à la lutte contre la pauvreté et au combat pour le bien-être de nos populations. Le CCME entend témoigner, solennellement, de sa foi en une Mauritanie libre dont la direction ne retomberait fatalement dans le cercle fermé des coteries ethno-tribales et des spécialistes de la concussion. Nous croyons devoir proposer mieux, à nos compatriotes, après tant d'années de privation, de larmes, d'exil et de contrainte. Le CCME met en garde les protagonistes contre toute dérive qui se dessine. Leurs responsabilités collective et individuelle seront engagées devant l’histoire et le peuple, en cas de retour à un passé que les Mauritaniens avaient cru dépasser par des élections dont la classe politique a accepté les résultats. Le retour de ce passé pourrait bien constituer le prélude à la déstabilisation du pays et pire à la guerre civile, Allah nous en préserve. Le CCME appelle solennellement les forces politiques, celles de la société civile et l’ensemble du leadership national à des assises nationales véritables, qui permettraient, au delà du simple respect des formes démocratiques, d’élaborer un véritable pacte sur la base de discussions ouvertes et sans tabous. La préservation de l’indépendance, de l’intégrité et de l’unité du pays, la bonne gouvernance, l’apurement du dossier des atteintes aux droits de l’homme et la justice sociale, y compris l’éradication des pratiques esclavagistes, devraient servir de principes de base au pacte national devant résulter de ces assises. Le 14 juillet 2008
POUR LE CCME Le Coordinateur Général |