| Du détournement au système D |
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| 28-08-2007 - 05:25 | |
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Par: Mohamed Fouad Barrada Sur la situation à Tintane, il semblerait que des tentes attribuées aux sinistrés ont fait l’objet d’une surfacturation. L’Etat a débloqué de l’argent pour l’achat de ces dernières. Au lieu de facturer la tente à 30000 ouguiyas (prix de la vraie prestation), la facture a galopé du prix réel pour atteindre 50000 ouguiyas. Vrai ou faux ? La rumeur circule pourtant. Concernant la liste des endommagés, il semble encore que des individus qui n’étaient pas touchés par les inondations se sont inscrits afin d’en bénéficier eux aussi. Dans ces situations, tous les moyens sont bons pour atténuer l’impact de la pauvreté. On évoque ainsi que les influences tribales ont défavorisé les citoyens les plus susceptibles. L’ensemble des tintanois veut un investissement permettant d’évacuer les eaux de la ville et les utiliser pour l’agriculture. En réalité, les sinistrés sont entassés sous des tentes regroupant 25 individus. On se demande quel est le sort des aides données à ces populations. Si l’on en croit au témoignage de l’un des sinistrés « les militaires qu’on montrait à la télévision nationale comme des exemples qui aident les citoyens n’étaient que des figurants ; ils n’ont rien foutu, ils ne savent même pas nager. Quant à la sécurité, elle doit être renforcée car des voleurs pillaient les biens de la population.» La thématique de cessation du paiement taraude, par ailleurs, certains esprits. Des individus évoquent que l’Etat a besoin de ressources à court terme pour faire face aux dépenses de son fonctionnement. L’optique des bons de trésor demeure une solution. Qu’en est-il de la sous-traitance et des appels d’offre ? Les appels d’offre ne doivent pas dépasser un seuil déterminé, mais les plus malins contournent toujours cette exigence en subdivisant la somme décidée pour l’appel d’offre en sous sommes et partant, ils attribuent les marchés sans appel d’offre.D’un autre côté, le parlement vient de voter une loi contre le détournement des biens publics. Le sénat a rejeté ladite loi. Motifs invoqués : la liste des responsables déclarant leurs biens doit être élargie sinon cette loi n’aura pas d’impacts. Cependant, la loi a été amendée et adoptée. Certes, la surfacturation, la manière d’attribution des marchés sans appel d’offre étaient des pratiques courantes. Vont-elles s’atténuer sous l’effet de ladite loi ? Voici, toutefois, l’affirmation d’une malversation récente du comptable de sous -traitant des structures étatiques de la place: « En effet, je suis chargé de la facturation et le traitement avec les garages. Mon patron a des liens avec des directeurs techniques, des DAF et des comptables, d’ailleurs, ces derniers nous visitent souvent. Les DAF et les directeurs techniques font les pronostics de la situation des voitures. Le comptable fait la facture. Et la surfacturation est assurée. J’ai moi-même des preuves car tout simplement j’effectue le devis et je traite directement avec les garagistes. Le plus souvent la facturation est doublée. Parfois on mentionne dans le devis le changement d’un moteur alors que le moteur est en bon état. Certes, il y a des voitures qui devront être réparées, mais on surfacture la charge et chacun a sa part ». Notons qu’il a refusé de nous donner des photocopies des devis pour vérifier les faits, tout en exigeant l'anonymat.
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Source : La Tribune n°364 du 28 août 2007 |
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