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Khattou à la Sorbonne ? Version imprimable Suggérer par mail
22-04-2008 - 14:28
Par:  Noura M.
  1. Je suis Khattou Bint El boukhary, descendante d’une lignée Chérif.
  2. Des gens qui ont cru en mon mari, en ses potentialités; convaincus qu’il était le seul recours capable de sauver le pays sont venus le convaincre- non sans difficultés, car il ne voulait pas au début- afin qu’il se présente aux élections présidentielles. Il est vrai que j’ai quelque peu pesé sur la balance, pour le convaincre.
  3. J’ai passé l’essentiel de mon cursus scolaire dans mon pays: que j’ai quitté par la suite, pour m’inscrire dans des universités européennes, notamment la Sorbonne.

Voila les trois points essentiels de l’interview que la première dame de la Mauritanie a accordé au magazine sénégalais Lissa.

 

Dans le premier point, elle revendique être la descendante en droite ligné du prophète Mohamed (PSL), l’ADN du prophète étant difficile à se procurer, il devient dès lors difficile de vérifier la véracité de celle assertion, on va donc lui accorder le bénéfice du doute, en admettant qu’elle soit d’une ascendance chérifienne.

Le deuxième point concerne le rôle déterminant qu’elle a joué, afin de convaincre son mari de se porter candidat à la magistrature suprême. Il s’avère que l’unique témoin de cet épisode se trouve être le Président lui-même, mais comme il s’agit précisément de son mari, son témoignage n’est pas recevable, même si on se doute qu’il donnera raison à sa femme.

Venons en maintenant au point d’orgue de l’interview, celui qui concerne le cursus académique de la première dame : elle affirme être une ancienne de la Sorbonne.

Contrairement aux Mahadra, les universités françaises sont dotées de l’un des meilleurs systèmes d’indexation des inscriptions au monde, conçu au départ afin d’éviter que les élèves des couches inferieurs se mélangent avec la noblesse. L’indexe de la Sorbonne date de l’an de grâce 1197.

Il est donc littéralement impossible d’assister ne serait ce qu’au moindre cours, ou emprunter le moindre ouvrage à cette université sans laisser de trace.

Dans le cas de notre première dame, il existe mathématiquement deux cas :

Ou bien elle a effectivement était inscrite à cette université (qu’elle ait décroché ou non un diplôme n’es pas le sujet), et dans ce cas elle doit se souvenir de quelques détails, par exemple quelle année ? Quel cours elle a suivi ? Eventuellement les noms de quelques camarades de classe … etc.

Ou bien elle n’a pas suivi de cours, dans ce cas, ce mensonge jette un énorme discrédit sur toutes ses déclarations antérieurs, par exemple quand elle dit que le financement publique versé à sa fondation sert les citoyens les plus démunis, nous sommes en droit de douter de sa parole.

Pour conclure, une question : si la première dame a effectivement intégré la Sorbonne, avait elle son diplôme de baccalauréat ? Si oui, dans quel lycée là-t-elle eu ? Quelle année ? Quelle filière ?

La plupart des personnes qui connaissent la première dame depuis sa prime enfance sont nés dans les années quarante du siècle dernier, ce qui laisse à supposer que Madame a décroché son bac dans les premières années qui suivirent l’indépendance de la Mauritanie, à cette époque il n’y avait pas beaucoup de lycée, il est donc facile de trouver l’année, la filière et tout le reste, avec un peu de chance on pourra même mettre la main sur des personnes qui étaient avec elle dans la même classe (ou, du moins, dans le même lycée), donc des témoignages d’époque, qui prouvent que ce qu’elle raconte est vrai.

Si elle n’a jamais obtenu le bac, la question de la Sorbonne ne se pose même pas, ou alors comme étudiante admise sur dossier, avec le niveau bac, auquel cas le dossier de sa candidature serait resté dans l’indexe de la Sorbonne.

Or l’indexe de la prestigieuse université ne contient pas la moindre trace du passage de notre première dame !

Un mystère que Madame gagnerait en crédibilité si elle le dissipe, et vite.
 
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