| L'édito de Mohamed Fall Ould Oumeir |
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| 05-09-2007 - 16:11 | |
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Les administrateurs, walis, préfets, commandants de brigades, chefs d’unités et de groupements, policiers s’il y en a, sont ‘arrosés’ pour être au service des caïds locaux. L’espace d’une élection, la population est au centre des préoccupations des ‘grands’. Mais seulement l’espace d’une élection. C’est-à-dire pendant quelques deux, trois ou quatre semaines. Les gens vous disent : ‘les politiques nous ont vendus’. Ils ne croient plus aux promesses. Comment peut-il en être autrement à Kobenni, à Djiguenni, à Tintane, à Wul Yengé par exemple ? Ici le paludisme tue. Les centres de santé sont dépourvus de tout. Les écoles mal construites et sous-équipées. Ici les seules expressions de l’Etat moderne sont : des policiers mal nourris et mal habillés, des douaniers razzieurs, des enseignants absentéistes, des gendarmes qui ressemblent de plus en plus aux policiers, des militaires fatigués, des administrateurs voraces…
Dans ces conditions, ne vous étonnez pas s’il arrive ce qu’il arrive. De temps en temps vient de Nouakchott un ‘nanti’, un ‘quelqu’un’ qui a eu les faveurs du Sultan du moment et qui pour cela a eu des prébendes. A géré une société d’Etat, dirigé un ministère, coordonné un projet… Ce ‘quelqu’un’ se transforme en fils prodigue. Il construit en général en retrait par rapport à tout le monde. Pour montrer la différence et faire probablement oublier son ancienne condition. Il intéresse, règle un ou deux problèmes, arrose le préfet, le commandant de brigade, le commissaire, le chef de bureau, l’inspecteur, le directeur de lycée (ou de collège)… Il donne quelques broutilles à gauche puis à droite. Il invite de ‘grandes personnalités de Nouakchott’. Il se donne l’air d’un chef. Par le truchement de quelques BR (bulletins de renseignements), il est consacré ‘chef incontournable’ du bled en question. C’est cette position qui lui donne un rôle de premier plan. Il revient à Nouakchott et commence à négocier un statut social. Jusque-là l’autorité a toujours marchandé avec des hommes de cette trempe. Elle n’avait pas le choix. C’était la seule manière de compenser les incohérences d’une politique hasardeuse et suicidaire. Basée sur l’exclusion de l’autre et le refus de concevoir quelque chose de bon pour le pays. A partir d’il y a quelques quatre mois, cette situation n’est plus justifiable. Ni acceptable. Il est temps que le pays se reprenne. Jusqu’à quand les populations de Lehraj, de Wul Yengé, de Hassi Bagra, de Kouroudjel, de Sani, de Sélibaby (qui est quand même une capitale régionale), de Wompu, de Gouraye, de Maghama, de M’Bout, de Bagodine, de Adel Bagrou, de N’Diago, de Barkéwol et de bien d’autres localités, jusqu’à quand ces populations seront coupées du monde dès les premières pluies de l’hivernage ? Jusqu’à quand ces populations vont-elles affronter la maladie, le dénuement, l’ignorance ? Jusqu’à quand vont-elles se contenter de voir ruisseler les eaux providentielles parce qu’elles n’ont pas les moyens de les retenir ? Jusqu’à quand vont-elles rester oisives alors que les terres cultivables peuvent donner tout ce dont elles ont besoin ? Il paraît que la seule SONADER a englouti près de 25 milliards depuis sa création il y a un peu plus d’un quart de siècle : 1 milliard environ par an si l’on veut arrondir. Les régions où les investissements de la SONADER ont été faits ne couvrent pas 10 % de la production nationale. Ne parlons pas des multiples projets IDA, conçus et exécutés visiblement pour enrichir des particuliers. Combien d’argent a englouti le secteur de la santé en 30 ans ? Et celui de l’éducation ? Et celui des infrastructures de base ? Allez à l’intérieur du pays et vous allez savoir qu’il faut considérer que nous partons de zéro.
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