| La manne pétrolière creuse l'écart entre les riches et les pauvres |
|
|
| 12-09-2007 - 12:50 | |
|
Par: Abou Kane
Si les Mauritaniens, dans leur écrasante majorité, avaient applaudi des deux mains les réformes allant dans le sens de la démocratisation et du renforcement de l'Etat de droit, une large frange de la population est en train, paradoxalement, de regretter l'ère Taya. Pour ces derniers, même s'il y avait la dictature politique du temps de Taya, les problèmes économiques étaient moins aigus et la pauvreté moins galopante qu'aujourd'hui. Et, curieusement, ce sentiment n'émane pas seulement des couches défavorisées. Même les classes moyennes, c'est-à-dire les cadres, ressentent les difficultés de la vie à l'heure actuelle. Surtout si l'on sait que ce sont les cadres qui redistribuent souvent leurs revenus aux populations. C'est le cas de la dame Mariam Mintou Kateb, employée dans une très grande entreprise de parfumerie. Elle ne cache pas son amertume : 'Je suis peinée par ce qui se passe depuis que la transition est survenue dans le pays'. Selon cette dame, 'non seulement l'argent ne circule pas, mais j'ai comme l'impression que l'ouguiya (monnaie locale, Ndlr) ne vaut plus rien'. Même son de cloche chez Tafsir Malouma. Cet ingénieur en génie rural, après une formation de 5 ans au Burkina Faso, souligne que, depuis son retour au pays, il n'arrive toujours pas à trouver du travail. Il dit avoir l'impression qu'à Nouakchott, la plus grande partie de la population vit dans une situation de précarité économique qui frôle la catastrophe. Et ceci, au moment où des milliardaires foisonnent et narguent les bourses modestes. Parce que, ce sont des bagnoles rutilantes qui côtoient, au quotidien, les taudis et autres bidonvilles où s'entassent des milliers de pauvres. D'aucuns trouvent cette situation normale surtout dans un pays musulman où l'on croit plus au pouvoir du chapelet qu'à des promesses officielles de toutes sortes. Devant ce phénomène de pauvreté qui inquiète et qui prend de l'ampleur, nombreux sont les citoyens mauritaniens qui n'ont d'autres solutions que de s'en remettre à la providence. Selon Seydou Diarra, installé dans le somptueux quartier de Tevrag Zeina depuis une dizaine d'années, 'ce refuge derrière la foi permet au moins de transcender les souffrances humaines'. Tout compte fait, à l'heure actuelle, tout le monde est unanime pour constater que les temps ont gravement changé avec des prix des denrées inaccessibles aux petites bourses. Selon certains Mauritaniens, il urge que l'Etat vienne à la rescousse du citoyen avant qu'il ne soit tard.
|
| < Précédent | Suivant > |
|---|


