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Par: Mohamed Fouad Barrada
Reconnaissons-le, la démocratie traverse une crise mondiale. Elle se confirme de plus en plus : «jamais la frontière n’a été aussi ténue entre les formes d’un développement positif de l’idéal démocratique et les conditions de son dévoiement.
C’est là où les attentes des citoyens sont les plus fortes que les conduites politiciennes peuvent dorénavant être les plus grossièrement dévorantes », note l’historien Pierre Rosanvallon. Ainsi, les règles du jeu démocratique présument que les gagnants ne sont dans les circonstances actuelles que des perdants.En cas de perte de l’un des jours, les vaincus seront bizarrement l’ensemble des joueurs. L’enjeu du jeu est profond. Son mécanisme implique l’attachement des rivaux à être dévoués pour gagner. Chacun d’entre eux cherchent un intérêt différent de l’autre. Les plus puissants considèrent leurs adversaires comme étant des jouets dangereux. D’autres pas moins puissants que les premiers sont manipulateurs et extrêmement ambigus. Les acteurs de ce jeu ne sont que des noyés durs traduisant une convergence des intérêts d’un système local ouvert sur un autre système mondial plus complexe. Le jeu est basé déjà sur un rapport de forces tantôt équilibrant, tantôt déséquilibrant. Une transposition de ce jeu sur la vie sociale ou politique peut élever le degré de ‘réflexion ’ pour analyser des phénomènes fondés sur la réalité du pouvoir dominant dans une société dépassée par la globalisation telle que la Mauritanie. Cela en s’éloignant de toute partialité interprétative. N’empêche pour comprendre, nous dévons suivre le courant qui mène vers la vérité. En somme, l’enjeu politique en Mauritanie se base depuis l’indépendance du pays sur des règles vidées de leurs sens telles que la guerre du Sahara, la conditionnalité d’aide publique au développement, la référence à la constitution, le blocage des institutions, etc. Présentement, notamment depuis le 6 août 2008, deux camps mènent le jeu dans ce pays. Il est question d’un camp qui trouve le plaisir à se procurer le nom de la défense de la démocratie. Et un autre qui prétend aussi défendre la démocratie par une rectification jugée nécessaire. Dans ce jeu, il y a pour le moment deux lignes rouges à ne pas franchir. La première est celle du non retour du président déchu Sidi Ould Cheikh Abdallahi . La seconde est tout simplement l’opposée de la première option. Entre ces deux extrêmes, nous trouvons toute sorte de justification. La communauté internationale et les pays voisins peuvent y trouver leur compte pour se procurer un rôle déguisé. Ce qui est considéré comme une première dans la vie politique du pays. De toute manière, dans cette histoire, les gagnants ne sont que des perdants. Le jeu est à la fois compliqué et complexe. Il s’agit d’un jeu du pouvoir alimenté par un équilibre invisible, extrêmement grave, et masqué. Et pour le comprendre, il faut éviter en Mauritanie d’être jeune, femme faible, pauvre, chômeur, etc. Il faut tout simplement éviter d’être hors jeu malgré vous. |