mauritanie

La situation des finances publiques Version imprimable Suggérer par mail
08-06-2007 - 16:00

Par : Sidi Mohamed Ould Hartane
Nous avons assisté ces dernières semaines à une véritable guerre des chiffres et des mots sur la situation des finances publiques.
Certains ont pris la défense du gouvernement de transition qui a présenté un bilan très positif de sa gestion en présentant des résultats savamment construits.
D’autres, sur la base de rumeurs ou de "confidences", ont dépeint une situation douteuse de la réalité des choses justifiant ainsi le retard de la déclaration de politique générale du gouvernement.

Tout ceci est de bonne guerre. Car, il est de tradition qu’un gouvernement de transition, en fin de mandat, dépeigne les résultats de sa gestion en or, eu égard à la courte période au pouvoir, pour justifier quelques entorses ou enflures de gestion.
Comme, il est de tradition aussi qu’un nouveau gouvernement d’alternance annonce, souvent, l’héritage d’une situation catastrophique des finances publiques pour justifier ses hésitations à prendre une voie bien claire et pour dire donnez-moi le temps de voir plus clair et prendre mon chemin; ou simplement pour justifier quelques coupures budgétaires.

Le tableau de la "Situation Mensuelle au 31 mai 2007" publié par la Direction du Trésor me permet simplement de reprendre De Gaule quand, le 4 juin 1958, du haut du balcon du gouvernement général d'Alger, les bras en V, il avait lancé à la foule qui jubilait : "Je vous ai compris".

Les combattants pour la liberté de l’Algérie avaient pensé que De Gaulle avait compris la légitimité de leur combat.

De leur côté, les partisans de la France, les pieds noirs, ont pensé quant à eux, que De Gaule avait compris leur profond attachement à la France.

Le tableau consolidé de la situation mensuelle ne nous éclaire pas sur la situation véritable des finances publiques ; comme le slogan de De Gaulle n’avait véritablement pas éclairé les algériens sur la pensée profonde du Général.

La publication des éléments à partir desquels la consolidation a été faite, nous donnerait plus de précisions sur la réalité des finances publiques en termes :
- de recettes publiques
- de ventilation de ces recettes en :
- Dépenses publiques courantes (salaires et fonctionnement) ;
- Dépenses en santé et éducation ;
- Dépenses d’investissement

La connaissance de cet ensemble d’éléments nous permettrait d’avoir une idée plus claire et juste de l’état des finances publiques et partant de la gestion du gouvernement de transition.

Nous comprendrons également mieux le pourquoi des hésitations qui ont prévalu dans la déclaration de politique générale du nouveau Premier Ministre.

Sidi Mohamed Ould Hartane (Montréal)

 

 
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