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Par: Mohamed Fouad Barrada
Le bras de fer entre le Président Sidi Ould Cheikh Abdellahi et certains députés de la majorité qui aurait dû déboucher sur une dissolution du parlement ou sur une motion de censure, a fini par donner un scénario inattendu.
Sans attendre que les députés frondeurs aient raison de lui et certainement pour éviter au président l’écartelant choix de dissoudre l’assemblée, Ould Waghef a démissionné. Du coup, il a mis fin à de longues chamailleries qui ont pratiquement grippé la machine politique du pays…Dans le même temps, il est reconduit. En attendant de connaître ses nouveaux coéquipiers, celui qui jouit désormais de la confiance du chef a pris la parole devant la presse… Le jeudi 3 juillet 2008, conférence de presse dans les locaux de la primature. L’acteur de cette conférence, le deuxièmement nouveau Premier Ministre veut établir la confiance entre les antagonistes de la majorité. Ould El Waghev a déclaré que « la démission de son gouvernement semble la meilleure solution afin d’éviter la fracture entre les composantes de la majorité ». Sur la question d’être capable de réussir un tel pari, il a répondu : « je suis déterminé à faire appel à toutes les forces politiques de la majorité pour qu’elles puissent dépasser leurs mésententes ». Le nouveau premier ministre fraîchement reconduit avait aussi annoncé que les récents événements politiques ne sont qu’une confirmation du bon fonctionnement démocratique. Soulignons que des parlementaires frondeurs du parti Adil ont félicité l’actuel PM. L’actuel PM nie, par ailleurs, l’existence de la crise politique. Il réitère qu’il s’agit de la démocratie. « Il faut que nous majorité, nous nous mettions d’accord, car ni la motion de censure, ni la dissolution du parlement ne seront en notre faveur », précise-t-il. Une question surgit alors c’est celle du consensus. Celui-ci va-t-il exclure l’opposition traditionnelle qui a intégré la formation du gouvernement sortant ? Tawassoul et l’UFP seront-ils hors jeu ? Quel est leur part dans la composition de la prochaine autorité de l’exécutif? S’agissant du délai accordé pour le PM pour proposer sa nouvelle équipe ministérielle, il faut attendre la semaine prochaine. « Ce week end, je compte me reposer », déclare-t-il. On dirait qu’ il veut prendre du recul pour voir clairement ou ‘majoritairement’. Son ultime but semble barrer la route à l’opposition d’Ahmed Ould Daddah. « Avec la motion de censure, les députés seront obligés de composer avec le RFD » martèle-t-il en guise de réponse. En effet, les rebondissements de cette crise montrent que le consensus entre les parties prenantes est un choix essentiel. En attendant le gouvernement du consensus, le communiqué des députés frondeurs déclare que les futurs membres du gouvernement doivent être propres, compétents et issus d’une base parlementaire solide. Ainsi, le Parti Adil /PNDD a tenu une réunion, le samedi 5 juillet 2008 sous la présidence de Mohamed Yahya Ould El Waghef. Au cours de cette conférence, des adhérents de ce parti, rejettent le fait qu’ils soient traités par certains hommes politiques de symboles de la gabegie, en rétorquant que si c’est le cas, tous les autres adhérents influents du parti ne doivent pas être épargnés. L’ensemble des forces du parti ont demandé, en outre, au Premier ministre de leur accorder un délai pour qu’ils arrivent à se réorganiser et se réconcilier. D’autres membres ont soulevé la question d’immixtion de généraux dans les affaires politiques. Il ressort de cette réunion qu’il faut attendre 7 jours, voire plus, pour avoir une idée sur le prochain gouvernement. Notons que le mode de concertation, qui a donné naissance à la dernière composition gouvernementale démissionnaire, était fait sur la base de la représentativité au sein du parlement. Chaque groupement de trois députés appartenant aux formations partisanes soutenant le programme de Sidi Ould Cheikh Abdellahi avait droit à un poste ministériel. Le nombre de ministres dépendait alors du nombre des députés. Mais cette règle n’était pas respectée à la rigueur. Cela a provoqué des mécontentements au sein de la majorité et l’éclatement de la crise par l’effet de la bulle qui se matérialisait, entre autres, par le retrait de l’UDP de la majorité et le dépôt de la motion de censure contre le gouvernement du chef du parti Adil. Les organes de ce dernier semblaient négliger le poids incontestable de certains parlementaires. Ce qui sous-entend que le parti lui-même doit élire ses instances selon la carte parlementaire, sinon la dissolution des deux chambres serait la seule issue possible pour dépasser l’actuelle crise.
Des observateurs affirment, par ailleurs, que l’actuel président s’est plié aux pressions internes et externes qui l’ont poussé à prendre une décision intermédiaire en favorisant la démission du gouvernement. Là, les interprétations n’acquièrent pas l’unanimité. Les analystes tergiversent entre une optique allant dans le sens de l’apaisement de l’actuel conflit et une autre qui confirme le fait que le prochain gouvernement va difficilement être efficace. Parallèlement à cette situation, des sénateurs s’attaquent à la famille du Président Ould Cheikh Abdellahi, notamment les sources du financement de la fondation de sa femme Khatou Mint Al Boukhary. Ces sénateurs comptent déclencher une procédure de contrôle à l’encontre de la fondation KB. Pourquoi choisir ce moment pour déclencher une telle procédure ? La crise politique en est-elle pour quelque chose ?
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Source: La Tribune n°407 |