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Par: Mohamed Fouad Barrada Depuis les récentes montées des prix du pétrole, les sociétés de commercialisation du carburant en Mauritanie semblent connaître une nette augmentation de leurs ventes. Une telle augmentation se vérifierait par le fait que des produits destinés à être consommés localement seraient exportés vers les pays voisins.
Paradoxalement, ces entreprises continuent à vendre leurs produits à perte. Sur chaque litre, il y a un manque à gagner de 150 voire 200ouguiyas. Petrodis compterait fermer ses portes en attendant une nouvelle restructuration des prix. Le gouvernement évite tout révision de ces derniers. Il espère une baisse des cours du pétrole afin que les citoyens ne supportent pas une nouvelle flambée de prix. Toutefois, les professionnels du domaine de la commercialisation du carburant craignent le pire. L’actuelle structure des prix ne les arrange point. Des sociétés comme NAFTEC souffrent d’un déséquilibre financier frappant. L’Etat doit à cette entreprise des sommes colossales. On évoque que sa dette vis-à-vis de la Nafetc avoisine, depuis janvier 2008, les 800 millions d’ouguiyas. La logique financière nous amène à revoir cette situation avec beaucoup de vigilance. Soit l’Etat règle la dette qu’il doit à cette société, soit il continue à la considérer comme une vache à lait. Car la NAFTEC risque de ne pas tenir le coup de la contrainte financière qui s’impose et qui s’accentue avec la montée des prix à la pompe. Il est à préciser que la Mauritanie est actionnaire dans le capital de cette entreprise (34%). Il est aussi à noter que les algériens détiennent 51 % du capital de la Naftec. Sa. Le restant des actions est détenu par des hommes d’affaires mauritaniens. En tout état de cause, si un gérant mauritanien vend son produit à l’un des pays voisins, il peut gagner le double. Nous n’avons pas les mêmes structures de prix. L’interactivité commerciale et la question du contrôle douanier sont une explication de la progression de la vente du carburant chez nous. Ainsi, la raison économique des spéculateurs domine-t-elle le marché mauritanien. Il est clair qu’une ‘ascension’ vertigineuse du prix provoquerait de fortes instabilités dans le pays. Quelle est alors la solution ? Et si l’Etat procède à l’augmentation des prix du produit lubrifiant sans pour autant envisager la répercussion d’une telle procédure sur le quotidien du simple citoyen ? Les finances publiques doivent anticiper et prévoir les retombées d’une telle situation. La douane doit également faire son travail afin que les produits ‘subventionnés’ ne soient pas vendus en dehors du pays. Des spéculateurs vont certainement conserver une partie du carburant en attendant une éventuelle augmentation du prix de l’or noir. Que l’Etat fasse preuve des mesures fermes. Que le prix reste tel qu’il est. Que le citoyen arrive à supporter la cherté de la vie.
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Source : La Tribune N°405 |