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Le droit de rêver en Mauritanie Version imprimable Suggérer par mail
11-11-2007 - 10:57

Par: Abdellahi Ould M’Hamed Ould Sidi

"Que les âmes sensibles se retirent, Que les nostalgiques les suivent".

      
 

Il y a six mois, nous les simples citoyens avons été tous ébahis derrière nos petits écrans, la mauritanie était sur la rampe, elle entame la phase exponentielle de son histoire contemporaine.

Une scène qui fut à la une au monde. Sur le podium du palais du congrès assis, les deux hommes les plus forts de Nouakchott, un BIDASSE et un MARABOUT, et de pas loin Abdellahi ould Ely salem (déguisé en chef du machin constitutionnel) annonça l’ouverture officielle de la cérémonie de la passation du pouvoir, d’à coté la table sur laquelle se trouva une copie du saint coran et la constitution de la république islamique de Mauritanie.

Dans la salle, on y invitait tout ce qui comptait la république de hauts responsables, les délégations diplomatiques et les barraniyins venus des quatre coins du monde. et, il y avait également Khatou mint elboukhari (les regards figés, on dirait qu’elle était en train de cogiter sur l’essor de quelqu’un lol).

Et nous, les heureux spectateurs, nous en avons été tellement fiers. Pour la première fois qu’un régime militaire fait ses ultimes adieux et cède les manettes du pays au grand soulagement de la population.

Et depuis, personne n’eut cessé d’exercer son simple droit de rêver…, certains même allèrent plus loin, ils rêvaient de la renaissance d’une nouvelle république, d’une démocratie meilleure, d’un niveau socio-économique décent et d’un pays qui méritera sa place dans le concert des nations. Bref, c’était une euphorie qui régnait, ça fait du bien de rêver! c’est vrai, mais n’oublier pas que j’ai parlé d’il y a six mois.

Réveillez vous!

Nous sommes aujourd’hui diamétralement à l’inverse et c’est le total désordre qui règne, une cacophonie lamentable pour ne pas dire le chaos. le droit de rêver n’est plus droit, la démocratie est au gout du vinaigre. pour la majorité de la population payer son pain quotidien devient un luxe!!! la santé, l’enseignement, le transport n’en parlons pas, ce sont le cadet de leurs soucis.
 
Sommes-nous le peuple le plus naïve au monde? Est ce possible que de tels espoirs puissent se volatiliser aussi vite que ça? trouvez-vous normale qu’à chaque fois qu’on se croit confiants nous finissons par se faire avoir et de la même façon!? je crains que toutes les réponses soient OUI.

A peine ce vieux Sidi (on l’appelle Sidi tout court) élu présidant, et tous le monde presque sans exception (journalistes, intellectuels, professeurs, cadres supérieurs et moyens, les élus, les tchabchaba et la communauté de la société civile toute confondue….) tous ce beau monde commencent à peigner vers le sens du poile. Ils le vantent à gauche et à droite, à tort ou à raison, et ils applaudissent jusqu’aux qu’ils en avoir mal à la main comme ils avaient si bien fait hier avec ces prédécesseurs, et voilà les résultats en quelques points, j’essayerai d’être claire et concis:

La création d’un nouveau parti du pouvoir dont les démarches vont bon train. Ce parti « Gougouh » est un vrai cauchemar pour l’opposition, et une bête noire pour la pseudo-majorité présidentielle. En effet, ils avaient bien estimé le danger, le nouveau parti alias parti du présidant (façon PRDS merci, assieds toi!) va être capable de phagocyter toutes les composantes de la strate politique quelque soit les origines, majorité, indépendants ou bien l’opposition. je vous assure que d’ici peu, le lendemain ou même la veille de la reconnaissance du parti, la donne chargera vite et nos politicards tournerons les vestes à leur tour, et on se rendra compte que être un militant fervent du parti deviendra le sport favori pour notre élite.
 
Une répartition des grands postes selon les mœurs de grandes têtes, par exemple : une ambassadrice à Genève qui doit sa nomination à un lien de parenté avec un premier ministre, et un autre ministre de l’hydraulique qui se voit et qui laisse entendre qu’il est ministre Massoudien.
 
la vente privée des outils de la souveraineté de l’état, la société Air Mauritanie est un exemple flagrant, une quarantaine d’années du service achevées avec du sang froid pour se jeter dans la gueule du loup (les Tunisiens et Ould Bouamatou, un duo de complice, en effet, la campagne Mauritanie Airways qui mérite son entrée dans le livre Guinness des records car, elle a enregistré son premier incident en premier vol Tunis-Nktt et qu’il a fallu s’explosé en plein vol!!!!). d’accord, Air Mauritanie était dans la marasme, on la laisse tomber, tant pis. mais comme cela ne suffisait pas, ils commencent à draguer la porte-monnaie d’un richard Indien, cette fois pour se débarrasser de la SNIM, la société qui constitue l’artère de vie et le gagne-pains pour les mauritaniens du nord, (cherchez l’erreur!).
 
la dernière méga-sortie du gouvernement, le gouvernement s’est décentralisé au frais du contribuable mauritanien pour jouer la comédie en Nouadhibou. comme quoi le budget et l’appareil étatique est en plein forme! Allah yarham Habib Ould Mahfoudh il l’appelait « visitation » (ces jours-ci coïncident avec l’anniversaire de la déplorable disparition de Habib à Paris) j’aurais bien voulu qu’il soit entre nous, la situation actuelle aurait méritée pas mal d’épisodes de ses « mauritanides » pour en essayer d’épuiser tout le ridicule. revenons à Nouadhibou, juste pour un petit jeu de comparaison, il y a deux semaines Sarkosy a décentralisé son conseil des ministres à la Corse, les socialistes, les verts et les modérés ont crié au scandale à cause des dépenses, l’opinion public les a suivi de raison, et, ils ont fini par lui passer un bon savon. Allez donc savoir maintenant la différence entre le budget de notre pays et celui de la France!
 
Enfin, et j’espère bien qu’on ne me pousse pas à en rajouter encore un. la galère qui tourmente les populations, la hausse des prix, et la pénurie des denrées de première nécessité. et comme vous l’avez certainement remarqué ces gens (élèves, enseignants, commerçants, maçons, chômeurs, teyvays, bouzawis …) qui sortent dans les rues car il n’y reste rien à manger chez eux. Ils crient à la famine dans les rues aux points les plus reculés du pays seulement pour se faire entendre à la capitale. Mais il parait que dans la capitale on est sourd de doléances des pauvres ou bien on le fait semblant jusqu’à qu’il devient insupportable. On leur envoie d’abord la police et les gendarmes pour les intimider, humilier, torturer, et comme un malheur ne vient jamais tout seul pourquoi pas les tuer?!! (le cas amer de Kankoussa!). La souffrance étant maladie bénigne cosmopolite en Mauritanie, la masse qui se sent épuisée en silence commence à s’agiter dans les autres villes. les nouakchottois certes bien concernés, mais heureusement sont encore moins contaminés. Et j’espère que la situation tournera vers le calme une fois pour toute.
Alors, la moralité s’il y en a une :

Pour un gouvernement de diplômés (en quasi-totalité fréquentaient de prestigieuses universités) et qui se valent compétents, j’allais même dire technocrates! Est-ce n’aurait pas été paisible de savoir identifier les facteurs de risques, prédire les conséquences et faire valoir les couts pour en sortir les remèdes qui convenaient ????.


Finalement j’étais agréablement impressionné par la décision du conseil de crise, et oui, j’ai bien écrit agréablement, vous me dites après tout! je redis oui, une fois n’est pas coutume, le gouvernement a plié devant la foule. et malgré que cette décision est en effet un sourire jaune qui s’en mêle avec la langue du bois. Mais, donner une promesse de 7 milliards d’ouguiya devant les micros de RFI, Aljazeera et les caméras de hamoud ould m’hamed, ça veut dire qu’au moins 4 milliards vont être perçus pour les fins utiles. Je sais que le passage de 7 à 4 n’est pas cartésien, mais bon, ce n’est pas du tout mal.


Détendez vous quand même! le pronostic n’est pas aussi sombre que cela, et, un jour la république renaitra, j’y croyais et y crois encore.

Source : Abdellahi Ould M’Hamed Ould Sidi via Cridem

 
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