| Le foulard en Mauritanie: Haro sur le mimétisme ! |
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| 03-02-2008 - 12:23 | |
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Par: La Mauritanienne Que la compagnie française refuse à des hôtesses de l’air de confession musulmane qui portent le foulard d’opérer sur ses lignes, l’absurdité aurait été comprise. Une action arbitraire faite certes au nom de la laïcité, d’une certaine acception quoique réductrice et discriminatoire de ce principe de séparation du culte et de la chose publique.En France encore le débat n’est pas encore tranché. Bien des hypothèses divergent sur le port du foulard dans les espaces publics. Mais, il s’agit de la France. De la République française, c’est compréhensible, parce que là-bas, ce n’est pas ce morceau de tissu sur la tête d’une beurette qui est mis en cause. Non ! C’est la paranoïa qui habite une société perdue sans repères, qui voit le terrorisme à travers le comportement, le geste le plus anodin, parce que justement, il ne saurait être en conformité avec le moule social français. C’est un déni en quelque sorte à l’autre, à sa manière de se vêtir, son paraître, bref à son droit le plus élémentaire de vivre sa diversité culturelle et cultuelle. Parce que, encore une fois, ce ou cette désaccoutumé(e) sort du cliché et du stéréotype du socialement correct. Et parce que, peut-être qu’aux yeux d’une certaine opinion française se dresse derrière ce foulard un Ben Laden, sa grotte et ses Talibans ! Mais, encore une fois il s’agit de la France ! En Mauritanie, le foulard n’est point d’usage. C’est le voile qui permet à la mauritanienne de garder une certaine virginité religieuse, une certaine pudeur. Outre cette dimension religieuse un tel habit permet également à la femme de s’approprier une certaine identité féminine, guère dénudée de quelque charme. Mais, le voile aussi ne présente que le bon côté ! Non ! En pratique, sa confection ne saurait arranger sa porteuse à exercer bien des métiers qui nécessite une certaine mobilité. C’est pourquoi certaines femmes mauritanienne opérantes dans des secteurs techniques, industriels se trouvent contraintes de se draper par d’autres types de vêtements qui leur garantissent une efficacité dans leur travail, mais aussi et surtout en respectant les obligations religieuses. C’est ainsi qu’elles recourent au port du foulard. Personne, en Mauritanie, en tout cas ne s’est jamais indigné d’un tel port. Les industriels et tous les opérateurs économiques n’ont jamais mis à la porte une femme, et elles sont légions dans les usines, qui se voilent d’un foulard quand elle travaille à la chaîne. La défunte compagnie aérienne mauritanienne a toujours bien accueilli sur ses lignes des hôtesses de l’air qui portent des foulards pour des raisons de commodité, et qui reprennent leur voile une fois sur terre. Cela n’a jamais entamé ni la crédibilité, ni l’efficience de cette compagnie. S’il est des problèmes qui ont terni l’image de cette société, c’est bien ailleurs ! Aujourd’hui Air Mauritanie a sombré à cause de l’accumulation de mauvaise gestion imputée aux responsables qui se sont succédé à la tête de l’institution. Une autre compagnie vient de naître : Mauritanie Airways. Une initiative louable, car elle permettra, entre autres, de réduire la facture du chômage technique auquel serait réduit le personnel navigant de la défunte compagnie. Mais, voilà que la toute nouvelle compagnie vient de refuser des filles mauritaniennes qui allaient lui servir d’hôtesses de l’air. Refusées, pauvres filles mauritaniennes, pour le seul motif qu’elles portent des foulards quand elles sont à bord ! Ridicule, incompréhensible et absurde car ce n’est pas un petit bout de lainage qui va faire échouer l’entreprise Mauritanie Airways. Autant, on peut, sous d’autres cieux, accepter volontiers des hôtesses de l’air exhibitionnistes, autant on accepterait dans une République Islamique des hôtesses qui refusent d’entacher leur pureté. Autrement, ce serait du mimétisme, quand on copie l’autre, et on perd son identité, sans même parvenir à devenir qu’un soi-même diminué et avili. |
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