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Par : Leila Lemghalef
Pour beaucoup de jeunes gens, qui semblent avoir la tête dans les nuages, les perspectives de carrière sont marquées d’incertitudes. Mais tel n’est pas le cas pour Ilham Mint Zeidane, agée de 23 ans, et pour Maimouna Mint Mohamed M’Bareck, qui en a 24. Pour ces jeunes femmes, l’objectif d’entreprendre une carrière stimule leurs ambitions et les incite à mettre en valeur leurs compétences.
 Maimouna Mint Mohamed
Maimouna Mint Mohamed M’Bareck |  Ilham Mint Zeidane
Ilham Mint Zeidane
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Ces deux pilotes en herbe sont les premières jeunes Mauritaniennes à vouloir s’aventurer dans le domaine de l’aviation. À l’école de pilotage à Saint-Hubert, située à proximité de Montréal, où elles reçoivent leur formation, elles se distinguent de l’ensemble d’hommes et de femmes qui y sont inscrits, en ce sens qu’elles sont parmi les très rares jeunes femmes d’une communauté culturelle à suivre un tel enseignement. En fait, il semble qu’une seule autre soit dans ce cas.
« Tout enfant a son propre rêve. Déjà quand j’étais encore petite, le mien était de devenir pilote, raconte Maimouna. Si mes parents avaient alors élevé trop d’objections, j’aurais choisi de devenir hôtesse de l’air, pour au moins me trouver « dans les airs ». Mais mes parents ont approuvé mon choix et en ont été fiers dès le début. Je le leur ai annoncé lors d’une réunion de famille, et la nuit même, nous avons appelé l’aéro-club, à trois heures du matin! » Comme son père était lui-même pilote d’avion, Maimouna avait déjà eu l’occasion d’éprouver du goût pour les hautes altitudes, et cet antécédent familial avait été très stimulant pour elle quand elle avait pris pour la première fois les commandes d’un avion en Mauritanie à l’age de 17 ans, sous la supervision de l’instructeur français Jean Roubin. « C’est sans aucune explication qu’il m’avait dit de grimper sur le siège de pilotage », raconte-t-elle en décrivant cette première expérience, qui avait été stressante, mais efficace.
Puis en 2004, Maimouna avait invité son amie Ilham à monter à bord de son avion, et après quelques vols, sa passagère s’était découvert une véritable inclination pour le pilotage : « Je n’étais pas sûre de pouvoir maîtriser certaines commandes », admet-elle rétrospectivement, mais en soulignant que les difficultés qu’elle avait rencontrées n’avaient fait que fortifier sa détermination d’apprendre le métier. « Et lorsque des membres de ma famille avaient contesté mon choix, ajoute-t-elle, j’avais tenu bon devant leurs objections ».
Aujourd’hui, Ilham apprend à piloter seule et à mieux évaluer ses temps de vol. Et à mesure que ses réflexes techniques deviendront pour elle une seconde nature, dit-elle, son goût pour l’aviation ne fera que croître. « La nature, la beauté de celle-ci qui s’étale devant moi lorsque je suis aux commandes d’un avion...cette liberté qu’elle me procure... », rêve-t-elle. Les plaisirs du pilotage s’accompagnent en outre d’une grande leçon de responsabilité. Les deux jeunes femmes suivent en effet une formation en vue de faire carrière dans l’aviation civile. Et s’assurer que les vies humaines dont on a la charge sont en sécurité, ce n’est pas une mince responsabilité. Mais ces jeunes pilotes n’ont nullement peur d’y faire face.
« Quand je pilote un avion, tout stress que je peux éprouver se dissipe, car je ne pense plus à rien d’autre », dit Maimouna, qui précise : « En effet, si je suis aux commandes, tout mon esprit y est, et c’est seulement après le vol que la fatigue peut se faire ressentir. » Mais l’une et l’autre de ces jeunes femmes admettent que le pilotage est une activité très exigeante, physiquement aussi bien que mentalement.
Dans ces conditions, pourquoi accepter de pareilles pressions ? La réponse de ces novices très motivées est que les récompenses que procurent celles-ci dépassent de loin le poids du travail qu’elles exigent. « Je pourrais donner ma vie pour cette profession. Je l’adore, déclare Maimouna. »
Tant Ilham que Maimouna rayonnent quand elles exposent leur passion. Et ce qui est tout aussi remarquable, c’est qu’elles constituent un modèle magnifique pour les générations futures de femmes de la Mauritanie.
English Version:
Passion at its height
By: Leila Lemghalef
With their heads in the clouds somewhere, many young people face career-related uncertainties, but no so for 23-year-old Ilham Mint Zeidane, and 24-year-old Maimouna Mint Mohamed M’Bareck. To these young women, kick-starting their career stimulates them to keep developing their aptitudes. These budding pilots represent some of the first leading ladies to venture into aviation, in the history of Mauritania. At the Saint-Hubert flying school outside Montreal where they train, they stand out from the other men and women, in the sense that they are among the rare few women within their own cultural community who are undertaking this professional future.
“Every child has her dream, mine was becoming a pilot since I was little,” said Maimouna. “If my parents had objected too much, I was going to become a flight attendant instead, so long as I could be in the air,” adding that her parents were proud from the start.
“I announced my career choice at a family reunion, and we called the aero-club that same night… at three in the morning!” she remembers, describing the excitement of the moment. Her father a pilot, Maimouna had had already developed a feel for being up high. This background came in handy when she first operated a craft in Mauritania at the age of 17, with French instructor Jean Roubin. “He told me, without any explanations, to climb into the pilot’s seat,” she explained, describing the inauguration as stressful, but effective. In 2004, Maimouna invited Ilham aboard, and over the course of a few flights, her passenger experienced a newfound flair for flying.
“I wasn’t sure if I could master some commands,” she admits in retrospect, revealing that her obstacles only heightened her determination to learn the job. “When some relatives resisted, I insisted,” she confessed.
Today she is learning to navigate solo, and perfecting her timing estimates in the air. As she develops her technical reflexes, her appreciation for the skies will only grow she says. “That nature– that beauty far below when I fly … that’s liberty,” said Ilham. With the joys of flying comes a lesson in responsibility. Both young women are training for careers with civil-flight passenger airlines. Ensuring the safety of human lives is no small order, but these pilots do not break a sweat.
“Flying relieves stress, because my other thoughts disappear,” said Meymouna. “When I’m flying, that’s where my mind is at,” she pointed out, adding that fatigue settles in afterwards. Both women agree that the job is extremely taxing, both physically and mentally. So why withstand these pressures? The rewards outscore the hard work according to these dedicated debutantes.
“I could give my life to this job. I love it,” expressed Maimouna. Ilham and Maimouna glow with content when they describe their passion, and just as importantly, they also set a glowing example for generations of Mauritanian women to come.
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