mauritanie

Le pouvoir: Une peine à vivre Version imprimable Suggérer par mail
23-01-2008 - 04:34

Par: Abdelvetah Ould Mohamed (Le Calame)

Devant les cadres et élus de Nouadhibou le 08 novembre 2007, le président de la République s’est attaqué directement à ses compatriotes auxquels il n’a pas manqué de sortir quelques reproches. Ainsi, Ould Cheikh Abdallahi a dit que bien des pratiques prévalent encore au sein de la société, et qu’elles sont contraires au changement et à l’évolution. Aussi, renchérira-t-il, qu’il trouvait ‘’anormal l’occupation de l’esprit de tous par la question des nominations (à des charges publiques, Ndlr) qui domine la vie quotidienne des mauritaniens les empêchant de penser à leur avenir’’. Un reproche de pertinence.

De pertinence parce qu’il a raison, le président de la République. Et il a raison parce que les mauritaniens sont obsédés par les nominations à des postes ou charges administratifs. C’était comme si Ould Cheikh Abdallahi voulait que ses compatriotes occupent leur esprit par autre chose que le souci d’avoir une responsabilité.

 

Parce que le président, soucieux, qu’il est de l’intérêt de ses compatriotes ne saurait leur déconseiller qui est d’un certain avantage. Selon l’entendement du président, une nomination serait peut-être une lourde responsabilité, un fardeau. On est contraint quelque part de supporter ce poids public qui frise le supplice.

C’est pourquoi, le président veut épargner aux mauritaniens les déboires et autres misères des nominations. Il les aime bien, les mauritaniens. Et s’il veut importuner, il embête d’abord les siens. C’est pourquoi, l’on note de plus en plus de frères de l’actuel président, des cousins proches de la famille condamnés à endurer des charges publiques.

C’est pourquoi, le pauvre Cheikh Sid’El Moctar, cousin du président, a été sommé gouverneur adjoint, tout comme la triste Amal, fille du président, a été assenée d’un coup de nomination à la présidence. Al Mourtadha, son frère, a été misérablement damné à subir les affres de la direction de l’hôtel de la présidence. Trois autres frères ont été condamnés chacun à quelque chose. Dont un astreint à la direction de l’action humanitaire au Commissariat à la Promotion sociale, les deux autres ont subi récemment de lourdes peines à Mauritel Sa, un secrétaire général et le second directeur conseiller à la défunte Mauritel Mobiles, un poste qu’il a toutes les chances de conserver après la fusion avec la maison mère. Un autre infortuné de cousin a été voué à endurer la direction générale du Port autonome de Nouakchott. Tout comme un autre ressortissant de Lemden a été frappé de la pénible charge de conseiller le premier ministre. Des peines que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi espère éviter à ses compatriotes. Car le président aime bien ses compatriotes. Or les siens sont ses compatriotes aussi.

 
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