| Le problème Carinéen !! |
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| 01-08-2007 - 17:22 | |
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Par: Houda Silvia Sans voiture, les choses deviennent difficiles car le prince charmant, qui montait à cheval dans les histoires, doit monter une voiture à Nouakchott. On fait tout avec une voiture, on la monte (dans le sens normal du terme), on fait monter dedans (toujours dans le bon sens du terme), on se balade avec, on l’arrête pour discuter (toujours dedans), on l’arrête parfois pour aller au delà de la discussion… Mais cette dernière fonctionnalité mérite un blog a part, la flexibilité des sièges de la voiture n’a jamais été autant testée qu’à Nouakchott. Faut pas que je sorte du sujet ! Je disais donc que la voiture est un élément central, si ce n’est pas le centre de la vie « sentimentale » à Nouakchott. Si l’habit ne fait pas le moine ailleurs, la voiture fait le séducteur à Nouakchott. La beauté, la tchatche, la réplique, la douceur, le charme.. Tout ça s’efface devant le salon d’un dernier cri allemand ou japonais… Mélanger la fraicheur d’un climatiseur en été avec une music douce diffusée par un super lecteur CD intégré, avec un salon en cuir et aucune fille ne pourra résister au charme quelque soit la personne au volant. Maintenant, le degré du « charme » dépend fortement de la marque du véhicule (on appelle ça « el Markoub » dans le jargon local), d’où le titre premier car il y plusieurs niveaux de véhicules et surtout de conducteurs : 1) Il y a les sans-vehicules mais qui se débrouillent pour en emprunter au père, frère, cousin ami que la nature à gâté avec un véhicule. L’emprunteur, on va l’appeler comme ça, doit être rapide et efficace, il ne peut pas se permettre d’avoir de rendez-vous pour le lendemain. Lui c’est toujours « chérie, il faut que je te vois tout de suite !! », il a deux ennemis, le temps qui lui est compté, et le téléphone qui peut sonner à tout moment avec au bout du fil le proprio de la bagnole (le cauchemar quoi !!). C’est aussi quelqu’un d’infidèle aussi bien avec les filles qu’avec les voitures. Il est souvent déconcentré car la foutue boite de vitesse ne fonctionne pas comme celle de la voiture d’hier, donc il faut s’adapter ce qui exige de la concentration, en même temps il faut convaincre la bien-aimée de l’attachement qu’il accorde à la voir ce soir et pas demain, surtout pas la semaine prochaine. 2) il y a la classe moyenne c’est la majorité, ça va des petites Corolla coupée (« rgueyig ma7zemhe » si quelqu’un peut traduire, ça sera gentil !!!) qui a un problème fondamentale en Mauritanie, il n’y a que deux portes et comme Mademoiselle est toujours accompagnée, le gars est obligé de commencer à pousser le siège pour que l’amie – ou les amies – accède a la place arrière. Ensuite il y a les Mercedes 190 – qui mérite un écrit a part -, ce sont des voitures puissantes, résistantes et plutôt agréables. Le problème, et c’est un grand problème, ce que notre Don Juan local est toujours pris pour un conducteur de Taxi ce qui le met hors de lui, lui qui a pris une bonne douche, avec un joli parfum, une belle musique, se faire traiter de taximane, c’est terrible pour lui. En plus tous les piétons sur le bord de la route éprouvent un malin plaisir a lui faire des signes pour s’arrêter alors qu’il vient juste d’entamer une discussion vachement romantique avec sa dulcinée. Alors en général, on monte en grade le jour où on change sa Mercedes 190 pour une Toyota Carina. J’ai un ami proche qui a fait l’expérience, et selon ses statistiques propres, le nombre de conquêtes a fait un bond respectable. La Carina est par définition la voiture de la classe moyenne. Elle n’est pas excessivement chère comparée a d’autres voitures, la maintenance est raisonnable, les pièces existent et surtout, surtout, les filles ne sont pas très découragées par son aspect, elle montent dedans sans trop de problème. Bien entendu le succès de Carinéens dépend de beaucoup de paramètres ; - Le quartier : autant le Carinéen est un séducteur désiré dans les quartiers périphériques, autant il se fait jeter souvent a Tevragh Zeina (concurrence des X5 oblige),
4) Dernière catégorie, je commence a être longo et je vais arrêter c’est promis ! C’est les nantis. Je vous en donne une définition très personnelle « le nanti est un homme pouvant disposer d’un véhicule coûtant plus de 7.000.000 millions d’ouguiyas pendant une durée de plus d’un mois ». Cette catégorie englobe les hommes d’affaires, les jeunes heritiers, les hauts fonctionnaires, etc. Leur cote sur le marché est toujours a la hausse et eux ils le savent alors ils jouent les durs a cuir… En général, ils font des tours l’après-midi du coté du Stade olympique ou le palais de Congrès en roulant a 10 a l’heure (ils sont pas pressés), avec un téléphone a l’oreille (le gars est vraiment busy) et le pied gauche bien posé sur le haut du tableau de bord (pour montrer que la boite est automatique)… Je m’arrete ici, et bien entendu je suis loin, très loin, d’être exhaustif mais c’était tout simplement pour vous donner une idée de l’importance du véhicule, qui après tout n’est qu’un objet, dans les relations homme-femme en Mauritanie. Un ami m’a raconté cette anecdote « un groupe de jeunes filles discutent de tout et de rien, de la vie, de Nouakchott, bref une discussion toute banale. Une fois n’est pas coutume (sic !) elles abordent le sujet du mariage et les critères de choix des hommes. Une des filles présentes leur dit, moi j’en ai marre, je vais juste me marier, m’en fous de l’argent, m’en fous des postes, je vais juste quelqu’un que j’aime, que j’apprécie… même avec une Avensis » En gros, moi je « solde », « tout doit disparaître » sauf que le prix n’est pas encore a la portée du premier carinéen venu. |
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