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Par Mohamed Fouad Barrada Un vieux atteint de la maladie de parkinson poussé par la soif et la chaleur rentre dans une agence de voyage pour vendre de la menthe. Il se dirige directement vers un robinet pour boire. Il n’arrive pas à tenir le verre dans ses mains, ni à ouvrir le robinet pour le remplir d’eau fraîche.
Il parvient finalement à boire, après plusieurs minutes de lutte pour garder le verre en état d’équilibre. Il lutte, seul, pour sa survie. Il est faible et gravement malade. Personne ne se soucie de sa présence, de son produit à vendre, chacun a ses préoccupations, ses problèmes…
Il n’a pourtant qu’un seul but : boire et vendre. Rien qu’en le voyant, nous ne pouvons pas lui refuser quoique ce soit, sauf si nous sommes inhumains, il est, pourtant, chassé par un jeune gardien qui veut, lui aussi, faire son travail pour survivre. C’est en quelque sorte la logique moderne de l’organisation de la vie urbaine.
Avant de sortir il se dirige vers une jeune fille qui téléphone sans que sa situation attire son attention. Car elle est, elle aussi, préoccupée. Il veut que la fille en question achète ses miettes de menthe. Sans succès. En attendant que je puisse régler un petit détail avec l’agent de l’agence, je donne (au vieux vendeur) une somme, assez dérisoire. Il croît que je veux de la menthe. Mais je rétorque que c’est un geste d’encouragement.
Toutefois, je veux m’informer sur sa situation. Je regrette toujours de ne pas avoir de réponses. Je regrette aussi le fait que l’Etat n’a pas les moyens d’ouvrir des structures pour de pareilles personnes. Je regrette de n’avoir pas donné à ce vieux l’attention qu’il méritait. Je regrettais un tas de choses.
Cette situation soulève une autre dimension de la souffrance des personnes âgées. Il s’agit du quotidien des vieux retraités qui devraient être pris en charge par l’Etat. Les pensions de ces retraités n’arrivent pas à satisfaire leurs besoins primaires. Rares sont les pensionnaires qui ont des logements. Ils sont obligés de travailler pour suivre le rythme de la vie normale. Ils endurent calmement et dignement.
En effet, les partenaires publiques devraient suppléer aux besoins de nos seniors, mais dans une société où l’Etat est défaillant pour les actifs, il est difficile de prétendre à ce qu’il en soit autrement pour les anciens. Il reste beaucoup à faire dans cette République puisque les individus qui profitent d’un régime de sécurité sociale ne dépasseraient pas les 60.000 personnes. Soit 0,2% des mauritaniens.
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Source: La Tribune n° 391
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