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Les Echos: La partialité juridique! Version imprimable Suggérer par mail
04-01-2008 - 14:43

Par Mohamed Fouad Barrada

 

« Excluons  les individus atteints du sida. Ils sont maudits. Nous ne devons pas autoriser la vente  des préservatifs. Car la  vente de ces contraceptifs  n’est  qu’une manière d’encourager la prostitution. Il est indispensables d’appliquer la charria.» Déclarait le vendredi passé  l’Imam de l’une des  mosquées périphérique de Nouakchott.  

Certes, la Foi,  l’abstinence  et la fidélité entre les conjoints sont les  meilleures façons  de lutter contre la prostitution voire le sida. Mais le taux du mariage est en nette diminution chez nous. Cela n’est qu’une résultante normale de la pauvreté  d’une grande partie des  populations. Celle-ci peut   basculer facilement  vers  la dérive. Une telle dérive devrait   être éradiquée par des mécanismes économiques loin de la partialité juridique.   

 

En effet, il y a des hommes  puissants et malveillants qui transgressent les  textes juridiques de leurs pays. Pourtant, ces pays appliquent et appliquaient en théorie des Lois  ‘Divines’. Ces individus   peuvent faire divorcer des  femmes de leurs maries afin de les épouser. Certains parmi eux sont pédophiles. D’autres  détournent les biens de  leurs Etats. Ils sont tout simplement au  dessus de la loi. 

 

En Mauritanie, nous avons déjà appliqué la charria. Il y avait  des mains coupées. Des gens fouettés en public.  Mais tout le monde sait que seul les pauvres ont subi les sanctions juridiques de la Loi Divine. Et  nous continuons depuis la deuxième République à avoir des lois sans effets palpables.

 

Parallèlement, nous n’avons jamais sanctionné d’une manière fiable ceux qui détournent les biens publics. En principe, il n’ y a pas une différence entre ceux qui volent le bien d’autrui et ceux qui s’accaparent illégalement de  deniers  de l’Etat.

Cependant, nous  indexons les simples voleurs tout en  applaudissant  les grands escamoteurs. Ils sont toujours là  ces anciens prédateurs de la République. Ils sont vénérés  et respectés. Faut-il  une révolution morale ?

 

Pour ce faire, Président, gouvernement,  parlementaires, juges, hommes d’affaires, policiers, agents de l’Etat et  simples citoyens  devront être tous soumis à la puissance judiciaire. La règle est claire, qui dit  justice, évoque évidement   son indépendance.

La Loi  doit  défendre en ce sens  les pauvres. Si l’Etat démissionne  de son vrai rôle, si les oulémas ne fournissent pas l’exemple, et si les acteurs de la société civile  ne défendent pas les couches les plus vulnérables, la conséquence sera désastreuse.

 

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Source : La Tribune 380

 
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