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Les Échos: Les faux fous de la société Version imprimable Suggérer par mail
29-01-2008 - 06:06

Par: Mohamed Fouad Barrada

« Qu’est ce que vous faites comme travail ». S’interrogea un ami en moi que j’ai perdu de vue depuis longtemps. « J’exerce un métier ingrat », répondais-je. « C’est quoi » questionne-t-il. « La presse », rétorque- je. « Un chercheur économiste comme toi, peut-il se satisfaire d’un maigre salaire ? C’est inadmissible ». S’exclame-t-il. A-t-il raison ?

Une cousine à moi me disait, en ce sens, que « la personnalité d’un homme qu’il soit intellectuel ou non se manifeste par un statut matériel acceptable. Il doit avoir une voiture, une maison et un bon salaire. Quelqu’un qui n’a pas ce minimum vital, n’est pas une personnalité ». C’est quoi alors la personnalité ?

« Pour certains psychologues la personnalité est une configuration personnelle de traits. Le trait de comportement est défini comme une chaîne de réactions que l’on peut reconnaître en différents moments chez le même individu. » (Que sais je, les théories de la personnalité, 1986, p 43).


Ainsi, dans la mesure qu’il finance sa famille, les traits de la personnalité de l’homo-mauritanus s’imposent-ils ? Et si les femmes contribuent au financement de leurs foyers conjugaux ?


Celles-ci cherchent désormais du travail. Elles essayent d’avoir leur indépendance vis-à-vis de l’homme.
Le taux de 20% des postes attribués par le gouvernement aux femmes et la nomination des Walis, sont des faits marquants en Mauritanie. En France et dans les pays développés, il y a une quasi-inexistence des femmes Wali. Le pays dépasse alors les grandes démocraties.


Toutefois, la perception sociale de la personnalité s’éloigne de la performance. Le trait individuel de cette perception se focalise sur le côté matériel.


La femme doit participer à la prise de la décision juste parce qu’elle est soutenue par « je ne sais qui ». L’homme, quant à lui, doit s’imposer par n’importe quel moyen.


Par ailleurs et s’agissant de l’écrit. Les indicateurs sont éloquents. Plus le nombre de lecteur est important dans un pays, plus ce pays est développé.


Une société où l’écrit n’a pas de valeur, c’est une société peu productrice dont le niveau de débat est médiocre. Cela s’explique facilement. Les conjoints mauritaniens lisent rarement. Ils sont dominés psychologiquement par le ouï-dire et la parole. Leurs enfants auront difficilement un penchant pour la lecture et l’innovation. Pour cela les régimes les moins performants accordent peu d’importance à la production intellectuelle. Celle-ci donne la liberté à la critique. Ici, en Mauritanie, le système de valeur met de côté les traits de l’intellectuel innovateur. Que pensent les écrivains de cette situation ?


Aussi rares qu’ils sont, Ils ont l’air d’être cinglés. Cependant, ils sont les vrais sages du pays. Qui les écoute ?


Ils sont à la marge de la décision. Ils sont malheureusement les vrais fous de la société.

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Source : La Tribune n° 384

 
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