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Les Echos: Terrorisme et agressivité en Mauritanie Version imprimable Suggérer par mail
08-01-2008 - 09:06

Par: Mohamed Fouad Barrada

Le 24 décembre des attaques isolées (Aleg 250 km de Nouakchott) provoquent la mort de 4 touristes français. Le 27, la cible était les militaires. Il s’agit d’un piège à l’encontre des soldats de  la base d’ Allgalawya de  l’extrême nord du pays.  Du coup,  la coopération militaire avec les pays voisins a été renforcée afin de   limiter la violence  des cellules dormantes de salafistes djihadistes de la sous-région. Cela n’a pas empêché, pourtant, l’annulation du Rallye Dakar. 

« Michèle Alliot-Marie estime que la sagesse a prévalu avec l'annulation de la trentième édition du rallye Lisbonne-Dakar en raison de craintes d'attentats contre la caravane lors de son passage en Mauritanie. Depuis plusieurs années, en Mauritanie comme au Mali, des groupes islamistes représentent un véritable danger", déclare la ministre de l'Intérieur au Journal du dimanche.    

Dans cette lancée, toutes les hypothèses sont envisageables, même l’implantation d’une base militaire américaine en Mauritanie. Sinon, la collaboration  avec les américains pour traquer la branche d’Al Qaïda dans le pays, serait une évidence.

Ces derniers  ont déjà lancé en 2005 un programme de lutte contre des groupes islamistes réactionnaires au Sahara. « Doté de 100 millions de dollars par an pendant cinq ans, il vise à épauler sept pays bordant le désert du Sahara. Chose inimaginable il y a quelques années, on a vu en 2007, dans le cadre de cette initiative, des militaires américains entraîner des troupes algériennes. Les Européens, eux, se contentent pour l'heure d'échanger des renseignements avec les pays sahéliens »,  note  le quotidien Le  Monde dans sa livraison du 5 Janvier 2008.

Les germes de l’instabilité hantent, par ailleurs,  les esprits.  Des  militaires  qui  ont subi les règlements de compte des années de braise, devront avoir un statut particulier. Celui-ci  leur permet  d’intégrer l’armée nationale, s’ils étaient relevés de leur fonction injustement,  parmi eux des bassistes, des nasséristes et des négros africains.

On évoque, aussi,  que les armes sont à la portée de n’importe qui en Mauritanie.

Parallèlement, le taux d’agression est en nette augmentation en Mauritanie. A l’hôpital de Nouakchott, le nombre de blessés des suites d’agression à l’arme blanche est un  indicateur frappant.     

Un haut responsable  du port de Nouakchott a échappé à une agression alors qu’il conduisait sa voiture en venant de son bureau.

Ne parlons pas des assassinats qui se multiplient de plus en plus. Toujours dans ce chapitre, des jeunes drogués  ont  poignardé  un commerçant à Tavragh Zeina. Motifs : vol et détournement d’argent. Il est question de la bande qui a tué un jeune à Bassora localité du sixième  arrondissement.

Dans une autre perspective, les enfants qui ne  profitent pas  du système communautaire du pays, seront probablement  de futurs agresseurs. En grandissant, ils   deviennent agressifs  vis-à-vis de la société. Ainsi, le système perd de plus en plus son efficacité. Il favorise la médiocrité ce qui se répercute négativement sur sa productivité. Si rien n’est fait,  la  jeunesse mauritanienne  risque de créer tôt ou tard de sérieux problèmes.

Une jeunesse désœuvrée, sans repères,  issue  de longues années de pagaille, et qui n’a pas subi une éducation de base,  sera vraisemblablement  orientée vers l’intégrisme et les autres formes de dérive.

  

Source : La Tribune n° 381  

 
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