| Les Mauritaniens sceptiques sur le programme du nouveau gouvernement |
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| 13-06-2007 - 02:00 | |
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Par Mohamed Yahya Abdel Wedoud pour Magharebia à Nouakchott – 10/06/2007 Le Premier Ministre mauritanien Zein Ould Zeidane a présenté le programme de son nouveau gouvernement, dans lequel il s'engage à lutter contre la pauvreté et à traiter des problèmes économiques. Le Premier Ministre mauritanien Zein Ould Zeidane a présenté le 31 mai le programme de son gouvernement lors d'un long discours au parlement. Le premier point à l'ordre du jour a été la question des réfugiés mauritaniens au Mali et au Sénégal. Selon M. Zeidane, le gouvernement compte consulter les partis politiques, les organisations de la société civile, les agences des Nations Unies et d'autres partenaires de développement pour apporter une réponse au statut des "citoyens mauritaniens migrants [qui vivent encore] en-dehors de nos frontières après les douloureux évènements de 1989, lorsque, à la suite d'un désaccord avec le Sénégal sur le contrôle des frontières communes, plus de 50 000 Mauritaniens noirs avaient été envoyés vivre dans des camps". Le deuxième point abordé par le gouvernement est la pauvreté, qui pèse fortement sur la société mauritanienne, bien que M. Zeidane n'ait annoncé aucune mesure concrète pour aider les citoyens à trouver un emploi – un point critiqué par certains députés. Le Premier Ministre a assuré les Mauritaniens que "la réduction de la pauvreté et la possibilité offerte aux citoyens d'obtenir les conditions nécessaires à une vie digne est la première des priorités de la politique économique du gouvernement. Pour y parvenir, le gouvernement conduira une nouvelle enquête familiale… et analysera le cadre stratégique de la lutte contre la pauvreté, afin d'accélérer la marche vers la réalisation des Objectifs de Développement du Millénaire." Le Premier Ministre s'est également engagé à éradiquer le phénomène des kazra, ces bidonvilles illégaux occupés par des milliers de personnes démunies fuyant la sécheresse ou la pauvreté. Ce problème, qui dure depuis quarante ans ou plus, concerne de nombreux citoyens et, selon le Premier Ministre, est considéré comme l'un des sujets sociaux, politiques et culturels les plus importants pour la Mauritanie. M. Zeidane s'est également engagé à interdire l'esclavage, à mettre en place des peines pour réprimer cette pratique et à aider ceux qui en ont été victimes dans le passé. Sur la question des économies budgétaires, le Premier Ministre a déclaré: "Au cours des tout prochains jours, le gouvernement déposera sur le bureau du parlement un projet de loi de finance rectificative, ainsi qu'un rapport complet sur la situation économique et monétaire après la passation de pouvoirs. Cette loi prendra en compte les impacts négatifs du déclin de la production pétrolière de 75 000 barils par jour à 17 000 actuellement, qui, selon les estimations, ampute les recettes de l'Etat de plus de 16,7 pour cent." Les réactions à ce programme sont assez mitigées, aussi bien au sein qu'à l'extérieur du parlement, bien que la majorité des personnes eurent accueilli favorablement l'approche très ouverte du Premier Ministre pour discuter de ce programme. Le député Mohamed Mustafa Ould Badreddine a accusé le gouvernement de ne pas aborder "les crises de l'eau, de l'électricité et de la drogue, qui ont empiré au cours des dernières semaines", ainsi que "les attaques vicieuses à la liberté de la presse, telles que le harcèlement juridique de certains journalistes couvrant le problème de la drogue à Nouadhibou". Plusieurs journalistes ont été retenus par les autorités après avoir lié des responsables politiques et des hommes d'affaires mauritaniens à un réseau international de trafic de drogue qui avait été mis à jour à Nouadhibou début mai. Un autre groupe parlementaire a tenu le gouvernement pour responsable d'une récente coupure de courant prolongée, et exigé qu'une solution y soit apportée. Le Premier Ministre avait personnellement pris conscience de ce problème, lorsque l'électricité avait été coupée dans le bâtiment du parlement lors de la première session, obligeant les députés et le gouvernement à attendre au moins une demi-heure dans l'obscurité. A l'extérieur du parlement, des dizaines de titulaires de doctorats sans emploi ont demandé au nouveau gouvernement de les aider à trouver un emploi. L'un des manifestants, Sayyed Ahmad, a déclaré à Magharebia: "Nous venons d'écouter le discours du Premier Ministre à la radio. Nous espérons qu'il trouvera un moyen de mettre en oeuvre chaque paragraphe du programme de réforme du gouvernement, et que ces propositions ne seront pas seulement de l'encre sur du papier. Nous avons eu assez de promesses non tenues." Certains citoyens ont protesté contre l'absence de dates et de chiffres dans ce discours. "Le Premier Ministre était supposé fournir plus de détails sur le budget du gouvernement. Ce discours était optimiste, mais n'a pas réellement reflété le contexte économique du Premier Ministre", a déclaré à Magharebia Hassan Ould Ajdoud, étudiant en droit à l'Université de Nouakchott. Ce contenu a été réalisé sous requête de Magharebia.com |
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