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Mauritanie-Éducation:La plaie qui handicape le développement Version imprimable Suggérer par mail
08-01-2008 - 02:33

 Si l'on regarde tous les blogs ou sites mauritaniens, on constate que le problème du progrès et du développement de notre pays est souvent posé. Comme pour n'importe quel autre pays, à la base de ce probleme est, entre autre, l'éducation.

Pourquoi ne pas analyser en quoi les conditions d'éducation en Mauritanie sont un obstacle à son développement?

Il est connu que notre système éducatif est loin d'être performant. Malgré un programme scolaire bon à la base, les conditions dans lesquelles se trouvent les élèves, du primaire au lycée, sans parler de l'université, sont loin d'être encourageantes: manque de matériel de base (tables, chaises…) et même ce qui en existe est dans un état déplorable; insuffisance des instituteurs et professeurs, et ceux dont on dispose soit s'absentent car ils préfèrent gagner leur vie par d'autres moyens, soit assurent des cours strictement académiques sans qualité et interaction pédagogiques. Dans les deux cas, ce sont le niveau très bas des salaires et le manque d'inspection qui sont en cause.

Cependant, il faut bien nuancer et dire qu'ils existent, même si minoritaires, des enseignants dignes de ce nom, mais malheureusement leur bonne volonté et leur dévouement ne suffisent pas, car comme on le dit chez nous, "eyde wahda ma stafague" ("une seule main n'applaudit pas").

Devant une telle situation, les étudiants sont d'emblée indisposés pour acquérir une éducation de qualité mais aussi pour s'épanouir, car personnellement je trouve que l'école doit être un lieu pour découvrir et ressortir ses capacités. Ainsi, lorsqu'ils arrivent à l'année charnière du bac, le manque d'encadrement et de sérieux aboutit à une certaine insouciance de leur part à l'égard de cet examen. Je dis bien EXAMEN, et non pas concours. Je m'explique: alors que normalement il suffit d'avoir la moyenne pour obtenir son bac, on a l'impression que les correcteurs s'arrangent pour donner des notes inférieures à la moyenne afin de ne pas dépasser un nombre limite d'élèves auxquels on envisage attribuer le bac dès le départ. Cela peut être une explication pour le taux de réussite très faible au bac. Autre raison pour justifier un tel taux est le nombre limité de places dans la seule université dans notre pays. Néanmoins, il serait incohérent de mettre la faute que sur les correcteurs ou le système éducatif lui-même.

L'échec provient aussi des élèves eux-mêmes. Il est vrai que ces conditions sont peu encourageantes, mais cela n'est pas une raison pour être fatalistes, insouciants et recourir à la fraude.¨Pour les deux premier cas, je me permets de rappeler aux jeunes que nous sommes ce que nous faisons de nous meme ("linssane ga6a3 sougue rassou"); en plus, ils sont les premiers à souffrir les conséquences. En ce qui concerne la fraude, je pense que c'est un phénomène très répandu parmi ces jeunes qui se disent, et je l'entends souvent, que le bac n'est que de la chance, et par conséquent, pourquoi faire un effort d'étudier alors que la triche est un moyen moins fatiguant et accessible ? Oui, car on sait tous que la surveillance au bac est peu efficace. Par ailleurs, je trouve que le rôle quasi-inexistant des parents contribue aussi à une telle situation.

Et après on se demande pourquoi notre société est remplie de gens corrompus: dès leur plus jeune âge, les Mauritaniens intègrent la triche comme quelque chose de normal, incontesté.

Tout cela à pour résultat que beaucoup d'étudiants refont le bac mainte fois sans réussir et donc abandonnent à un certain moment. Là, soit ils se dirigent vers "etchebchibe" (qui peut mener au travail au noir: l'affaire récente de la drogue en est une preuve), soit deviennent des ratés qui trainent chez leurs cousins (surtout pour les Maures), soit encore, dù à leur manque de qualification, ils se trouvent obligés de pratiquer des métiers qu'ils n'ont pas nécessairement choisis et qui sont généralement mal rémunérés.Cela met en évidence le niveau de vie bas pour la majorité des Mauritaniens. Par conséquent, ils ne peuvent pas participer à la croissance économique qui est essentielle au développement du pays. Ce dévelopement, synonyme de progrès, peut avoir lieu aussi lorsqu'on a une population éduquée (surtout sa jeunesse), et donc consciente des enjeux qui se posent devant elle. Or, après ce qu'on a vu, l'éducation est loin d'etre à un niveau qui permet cela.

En tant que jeune mauritanienne, je trouve cela dommage. Si l'on considère ceux qui réussissent à "échapper" du système éducatif en obtenant leur bac (en mettant de coté les moyens pour cela) et qui ont eu la chance de continuer leur études à l'étranger, on voit qu'ils excellent. Cependant, ils préfèrent rester dans leur pays d'accueil et en quelque sorte on ne peut pas leur en vouloir: ils vivent dans des sociétés qui les valorisent et leur permettent de vivre aisément. Ceux qui reviennent, malheureusement, ne sont pas toujours dans des démarches pour servir la Mauritanie et pour lui apporter de ce qu'ils ont appris. 

Nos jeunes ont du potentiel, alors pourquoi le perdre? Pourquoi ne pas leur offrir les moyens pour réussir et contribuer au développement de notre Mauritanie? Si le gouvernement n'offre pas les dispositions nécessaires pour cela, c'est à nous JEUNESSE, vous PARENTS, vous PROFESSEURS de prendre les choses en main et réclamer notre DROIT, celui de vos enfants et de vos élèves. Sachant qu'en fin de compte si l'on se mobilisent TOUS ensemble pour améliorer l'éducation et par conséquent faire progresser nore chère patrie, cela n'est qu'à notre avantage.

Humblement, mais avec conviction, j'ai dit. Et je suis prète à agir car j'ai confiance en nous, Mauritaniens...

Gardons l'espoir pour notre Mauritanie.

S.Ch.Mauritaniangirl

 
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