|
Par: Mohamed Fouad Barrada
La Mauritanie est, désormais, sans gouvernement depuis le 3 juillet 2008. La récente motion de censure ou la mention d’investiture comme l’avait rectifié maitre Lô Gourmou a déclenché un dessein qui reste pour le moment flou.
Nous pouvons dire qu’au delà des apparences le pays est en berne, car les hommes qui ont soutenu Sidi Ould Cheikh Abdellahi ne cachent pas leurs intentions d’être récompensés. Sinon, ils chercheront leurs intérêts ailleurs. La démission de Ould El Waghef et sa reconduite a été perçue comme un retour à la normalité. Certes, des responsables du parti Adil disaient qu’ils laissent le choix au PM pour la proposition du prochain exécutif. Mais ce choix est guidé par des critères un peu difficiles à respecter, notamment l’honnêteté. Paradoxalement, le PM avait précisé qu’il attend la proposition de la majorité afin de mettre en place son équipe. Notons que le parti Adil fait actuellement l’objet des rencontres et des réunions intenses. Parmi les omniprésents au siège du parti un de la majorité, il y a Ould Soukna et le secrétaire général adjoint du même parti. La présence de Bodiel Ministre secrétaire général à la présidence et Bâ Mamadou, dit M’Baré président du sénat était constatée ces jours ci. Ce dernier est attaqué par ses confrères du sénat suite aux procédures du contrôle l’encontre de la fondation Khatou Mint Al Boukhary. Il est, implicitement, accusé de prendre partie dans cette crise qui divise toujours la majorité. Il est, aussi, accusé d’avoir deux nationalités, alors que la loi mauritanienne interdit la double nationalité. Pourtant, il n’est pas le seul. En tout état de cause, après la conférence de presse de la réconciliation entre les acteurs de la majorité, tout le monde s’attendait à l’annonce du gouvernement, le jeudi 10 juillet 2008, mais cela n’était pas le cas. Parallèlement, les deux partis exclus du gouvernement observe nt toujours en affirmant qu’ils ne peuvent pas se prononcer sur la situation tant qu’ils ne seront pas au courant de la composition du troisième gouvernement post transition. Ainsi, une fracture au sein de l’opposition serait visible. D’une part, le statut des partis comme Tawassoul et l’UFP n’est pas encore clair. Et les divisions entre Hatem et le RFD suite à l’élection des chefs des commissions parlementaires sont aussi une autre source de division, d’autre part. Une autre faille serait une résultante de cette crise. Déjà des jeunes cadres du parti Adil réclament des postes en confirmant qu’il est temps de renouveler et de réformer la classe politique. Le jeu du poste s’impose, en ce sens, dans ce pays. Personne ne parle du programme au vrai sens du mot. Sidi est élu depuis une année et trois mois alors que son programme est fortement entravé par des alliances contre nature et des conflits sur des postes ministériels. L’équilibre consensuel et politique au sein de la majorité était pénible et il continue de l’être. Car les parties prenantes de cette crise politique essayent de tirer profit de ce qui se trame sur la scène nationale. Il est vraisemblable que des mécontents peuvent se réunir pour composer avec le Rfd afin de constituer une majorité solide. Dans ce cas la dissolution du parlement serait une solution pour le président et sa démission serait aussi une optique pour ses adversaires. Que Dieu aide la Mauritanie.
Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
|