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Par: Cheikhna Ould Sidina Au-delà des proclamations, le devoir de donner cache un jumeau inséparable et beaucoup plus grand : le désir de prendre. Les transferts de fonds des riches vers les pauvres sont bien moindres que ce que les chiffres officiels laissent entendre.
La plupart des sommes données ou prêtées sont dépensées dans les pays donateurs ou y retournent : remboursement de la dette, fuite des capitaux, transferts illicites de profits, fuite des cerveaux, achat de biens et de matériel... En 2001, par exemple, 29 milliards de dollars de subvention furent accordés aux pays en voie de développement, tandis que 138 milliards de dollars repartaient vers les pays créditeurs au titre du remboursement de la dette. Dans ces conditions, on peut s’accorder à dire que ce sont les pauvres qui aident les riches. Si les préoccupations mercantiles et les intérêts géopolitiques ont toujours affleuré dans les discours, il n’est pas toujours aisé de faire apparaître la véritable hiérarchie des motivations tant les élites ont appris à changer de vocabulaire sans changer de pratiques : « croissance équilibrée », « ouverture des marchés », « satisfaction des besoins de base », « lutte contre la pauvreté »,et la fameuse « bonne gouvernance » etc, constituent les nouveaux habillages d’une même vision. L’aide apparaît comme un théâtre d’ombres qui divertit l’attention des véritables enjeux. Les guerres menées à distance contre des régimes nationalistes(qui n’obeissent pas aveuglement aux donateurs), dont on veut nous ajouter sur la liste today. Le dumping pratiqué par l’Occident au profit de ses céréales, de sa viande et de ses textiles a érodé, sinon réduit à néant les soutiens apportés aux productions locales dans le cadre de l’aide. De même, les pays pauvres sont supposés accroître leur « capital humain » grâce aux bourses subventionnées par l’aide. Cependant, dans le même temps, les pays donateurs débauchent activement des professionnels de la santé, des ingénieurs et des informaticiens du Sud. Un Africain sur trois qui possède un diplôme universitaire travaille en dehors d’Afrique. Mais c’est la participation de l’aide à l’imposition du fondamentalisme libéral qui est la mère de toutes les incohérences ; c’est de sa complicité avec une école de pensée économique incantatoire que naissent les contradictions. Les effets de cette vision politique s’appellent croissance faible, exclusion sociale, appauvrissement des services publics, et instabilité politique. Or ce sont précisément ces phénomènes qui privent l’aide d’efficacité. Le discours sur l’aide utilise des termes comme « participation citoyenne », « maîtrise locale des politiques ». Cependant, la conception de l’aide, son organisation et sa mise en œuvre continuent d’être la prérogative d’étrangers. Et même quand les agences occidentales ne sont pas en première ligne, leurs relais formés dans les pays du Nord – les Chicago boys en Amérique latine, la « Berkeley mafia » en Indonésie, ou les « africagoboys » – se feront les promoteurs zélés des mêmes principes, grâce aux positions stratégiques qu’ils occupent au sein des ministères des finances locaux , des banques centrales et de l’Administration. Durant les vingt-cinq dernières années, les mécanismes de l’aide ont non seulement contribué à affaiblir les souverainetés, mais aussi à délégitimer l’Etat et les pouvoirs publics. La gestion de l’aide le montre clairement : les donateurs préfèrent s’adresser à des sociétés privées, à des organisations non gouvernementales ou à des structures parapubliques ad hoc telles les sociétés d’aménagement et de développement et chez nous des ONG fantômes. Tout cela pour dire que cette aide internationale n’est pas si désintéressée. Globalement en Mauritanie, elle représente le quart de nos besoins ce qui est égal (environ) au tiers de notre budget. Je me permets de croire que s’il y a une volonté réelle de comprimer nos dépenses, autant se faire que peut, en réduisant l’impact de la corruption (au moins 40%), nous pouvons faire face aux menaces de la communauté internationale qui veulent nous priver de notre liberté de choix. Le retour de SIDIOCA, qu’ils demandent, est impossible, compte tenu des circonstances, en particulier, la volonté de tout le peuple Mauritanien qui soutient, dans sa grande majorité, le mouvement rectificatif du 06 août 2008, qui a évité de justesse une guerre civile dont tous les ingrédients sont réunis par l’ancien « président élu ». La communauté internationale, au lieu de nous menacer de sanctions, se doit de convaincre SIDIOCA de faire une déclaration, pour se retirer de la vie politique, afin de couper l’herbe sous les pieds, de tous ceux qui demandent –en écho- son retour impossible et porteur des germes de la déstabilisation de la Mauritanie, pour toujours. Le nouveau Gouvernement devrait négocier notre aide internationale, sur une base de respect réciproque, sinon : ALLAH HOUWA ILGHANIYOU WE HOUWA ERRAZAK ! |