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Mauritanie-Pétrole : Woodside du rêve au cauchemar Version imprimable Suggérer par mail
11-10-2007 - 15:07

Par: Birome Guèye  

Après des débuts en fanfare, le production mauritanienne d’or noir connaît une baisse vertigineuse qui fait craindre même aux plus optimistes sur les réserves réelles du pays et sur son avenir en tant que pays producteur de pétrole.

C’est le 13 mai 2001 que l’annonce officielle de la découverte du pétrole en Mauritanie avait été faite par le Gouvernement de l’ex-Président Maawiya Oud Sid’Ahmed Taya. C’est du puits offshore, Chinguity, situé à près de 80 km de Nouakchott, que devait jaillir le pétrole mauritanien. L’exploitation et la commercialisation de ce pétrole étaient confiées à la firme australienne Woodside, jusque là très peu connue dans le milieu des finances internationales. Quoi qu’il en soit, avec des réserves estimées à quelques centaines de millions de m3, le champ de chinguity, semblait prometteur. Cette découverte, la première de grande importance, propulsait la Mauritanie au rang de pays pétrolier et la compagnie Woodside gagnait en crédit, voyant son indice boursier s’envoler. Ainsi l’exploitation de ce premier puits devait permettre à la Mauritanie de produire 75.000 barils par jour. Une production qui devait fortement augmenter après la mise en service des puits Thiof et Banda. Les spécialistes tablaient sur une production de l’ordre de 200.000 barils à l’horizon 2010. Cette nouvelle richesse mauritanienne, n’allait pas laisser de marbre les grands majors internationaux. Ainsi des permis on shore et offshore étaient attribués entre autres à Total, Gaz de France, British Gas, la compagnie nationale chinoise de pétrole et à bien d’autres firmes russes, anglaises, asiatiques et africaines.

Le pétrole mauritanien dont les premiers barils étaient importés en février 2006, allait fournir à l’Etat mauritanien pas moins de 89 millions de dollars en 2006. Une somme à laquelle, il fallait ajouter le bonus exceptionnel de 100 millions de dollars versé par Woodside à titre de dédommagement, après le scandale des avenants au contrat de partage de la production de pétrole mauritanien. L’on se rappelle que ce scandale avait valu à l’ex-Ministre mauritanien du Pétrole, Zeidane Ould Hmeida arrestation puis incarcération à la prison de Nouakchott. La compagnie Woodside bénéficiant de complicité de l’Administration de l’époque, avait ajouté à son contrat des avenants très avantageux au détriment de la Mauritanie. Une escroquerie dénoncée par le pouvoir militaire de transition. Ainsi le litige opposant Woodside et l’Etat mauritanien se voyait réglé à l’amiable après une contre partie (100 millions de dollars) versé au trésor mauritanien. Cette année se trouvait être une année exceptionnelle pour l’Etat mauritanien qui en plus de la manne pétrolière engrangeait plusieurs centaines de millions de dollars provenant, d’une part, du nouvel accord de pêche conclu avec l’Union Européenne et, d’autre part, de l’attribution de la licence de téléphonie dite e la 3e génération à la compagnie Chinguitel. Cette pluie de dollars sur l’économie mauritanienne permettait deux augmentations de salaires (en tout 100%) pour les fonctionnaires mauritaniens sans compter la mise sur pied d’ambitieux programmes de développement.

Entre temps, la production commençait à baisser. Mais très vite le Ministère du Pétrole et Woodside soulignaient qu’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Cette baisse soudaine était due selon eux à des problèmes techniques, les choses devraient entrer dans leur ordre normal très prochainement. De mal en pis la production ne cessait de chuter si bien qu’à la fin 2006, elle avoisinait les 22.000 barils/jour.

En plus de cette déconvenue, les forages de Dana Pétroleum en mer et de la compagnie nationale chinoise de pétrole vers les environs de Rosso s’avéraient infructueux. C’est alors que les mauritaniens qui s’étaient mis à rêver de lendemains enchanteurs revenaient sur terre et émettaient des craintes quant à une gestion transparente de l’or noir et sur la véracité des statistiques fournies. La production continuait irrémédiablement de sa chute vertigineuse pour atteindre le plancher fatidique des 10.000 barils/jour en 2007. Après avoir perdu ses partenaires British Gas et Hardman dans des conditions obscures, Woodside à son tour jetait l’éponge il y a quelques jours. Aprés un investissement de plus d’un milliard de dollars, cette compagnie a cédé tous ses actifs à la grande firme malaisienne Pétronas, pour moins de 485 millions de dollars. Le moins que l’on puisse dire c’est que Woodside n’a pas laissé une bonne image dans le pays. Beaucoup pensent que les statistiques fournies par cette firme étaient erronées et que son seul but était, en un temps record, de pomper le pétrole mauritanien.

De l’avis de spécialistes, rien n’est pas perdu dans les capacités pétrolières de la Mauritanie. Selon eux, il semble que Total soit sur le point d’annoncer la découverte de gisement au Nord de la Mauritanie. De quoi redonner espoir aux Mauritaniens qui font grise mine ces jours-ci.

Source: African Global News

 
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