| Mondialisation : La Mauritanie face à l'instabilité internationale |
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| 31-05-2007 - 02:40 | |
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Par: Mohamed Fouad Barrada « Plusieurs partis politiques et organisations ont demandé, au nouveau système de mettre fin aux relations diplomatiques avec l’Etat Hébreu.» (24 mai 2007 Alkhbar via le site Cridem)
Depuis longtemps des politiques mauritaniens ne se mobilisent que s’il y a des événements extérieurs. Depuis quand, ces politiques n’ont jamais organisé une marche contre les hausses des prix ? Depuis la mise en place du nouveau gouvernement, nous avons constaté que les questions sociales étaient soulevées, bravo ! Qu’en est-il des collectivités locales dont le bilan reste mitigé ? Pourtant, l’opposition est fortement représentée dans ces collectivités locales. Nouakchott et autres villes sont telles qu’elles étaient. L’autocritique devient une exigence. Le soutien de la cause palestinienne est indispensable, mais l’équilibre entre la vision externe et interne reste encore une nécessité. Coupons cette relation afin que nos partis, qui n’ont que les affaires étrangères, élaborent des tactiques internes pour le développement de leurs collectivités locales. Loin du pays, certains me diront c’est chez nous, le conflit militaire entre l’armée libanaise et la branche armée du Fatah al’Islaam prend malgré la récente trêve une tournure délicate. Dans l’autre coté de la région, l’instabilité fait rage (la guerre civile en Irak), c’est chez nous encore. Tout près de ce pays l’Iran (chez eux) risque de provoquer des alliances géopolitiques entre les européens et l’Etat Hébreux. Ce pays qui a vu le jour en 1948 continue d’oppresser les palestiniens au vu et au su de la communauté internationale. Ces palestiniens s’entretuent pour une cause purement politique. La trêve était à l’ordre du jour. La machine israélienne n’épargne personne. Interprétation de fait : entre nous, factions divisées en territoires occupés, nous allons entamer une trêve momentanée, une fois les israéliens nous laissent en paix ; on va commencer notre vraie guerre. C’est celle du refus de l’autre. Notre soutien, ainsi que les relations avec les israéliens ne sont pas si stratégiques (en cette période). Nos frères du territoire occupé sont divisés sur des questions institutionnelles et existentielles. L’économique essaye d’activer, par ailleurs, les procédures d’investissements. Cela se manifeste par le forum de 11 pays en voie de développement, bientôt le G8. Le groupe de onze qui vient de voir le jour représente des caractéristiques spécifiques. Ils sont, soit sous-développé, soit en voie de développement. Ils sont une composante du groupe de 77 pays non alignés. Nous sommes dans l’ère de la mondialisation à outrance. Il est question d’une décomposition (guerre civile, rejet de l’autre, etc.) alimentée par une composition des groupements économiques. L’écart entre les riches et les pauvres demeure un signe fort de la mondialisation. Les pays riches s’enrichissent de plus en plus, quant aux pauvres ils s’appauvrissent. Les acteurs de la mondialisation créent la consommation et le déséquilibre devient flamboyant. Ce déséquilibre est constaté même dans des pays dits développés. Une manifestation de cette crise se trouve dans le paradoxe de l’économie des Etats –unis d’Amérique. Ce pays est à la fois le plus endetté et le plus développé. Une grande partie de sa dette est détenue par des pays comme la Chine et le Japon. D’autant que ses citoyens vivent au dessus de leurs moyens. Ils sont les plus endettés de toute la planète. Les crédits à la consommation sont la force motrice de l’économie mondialisée. Pour décoller, une économie en cette ère mondialisée, il faut créer le besoin, lequel implique la recherche des sources nécessaires pour le satisfaire. Il s’ensuit un stress permanent. Le phénomène des téléphones mobiles est un fait marquant en Mauritanie. Dans une société oratoire comme la nôtre, la consommation en terme de crédit téléphonique dépasse les normes. D’où le paradoxe mauritanien. Tout le monde cherche l’argent (les portables et leurs recharges, les télévisions numériques, les ordinateurs constituent entre autre des consommations supplémentaires et primordiales), alors que l’argent est détenu par une minorité qui n’a pas encore eu l’intelligence de créer les activités par les crédits à la consommation. Deux banques étrangers viennent de s’implanter, elles insistent que la justice soit transparente afin qu’elles commencent l’initiative des crédits pour les particuliers. En attendant elles refusent d’accorder la place qui sied à la langue Arabe, langue officielle (et première du pays). Mais le niveau de vie est tellement faible ce qui met en retard le déclenchement d’une telle démarche. Celle-ci reste essentielle pour le développement et l’urbanisation du pays. Dans ce pays, l’initiative demeure bonne car les plans de développement sont fortement retardés par l’absence de la bonne gouvernance et de la désorganisation négative. Interventionnisme, drogue, corruption, sont des manifestations du besoin économique. La politique du ventre domine les attitudes d’une grande partie de nos citoyens. La justification implicite ou explicite demeure «qui n’a rien ne vaut rien». Sous l’emprise du besoin, le monde urbanisé en Mauritanie marque la mauvaise exploitation de l’image. Les medias renforcent l’effet de l’image sur la conscience des mauritaniens. « Il ne faut pas écouter la musique occidentale » lance une femme qui rejette les signes « civilisationnels » de l’occident, mais celle-ci ne rate pas les feuilletons latinos. D’autres genres d’individus se focalisent de plus en plus sur les chaînes à connotation religieuse. Causes : soit une maturité sociale, soit un phénomène de retour à la source religieuse. Des individus se sentent menacer par le monde tel qu’il est. Ils n’ont pas les éléments nécessaires pour suivre le rythme de vie mondialisée. Dans ce cadre, chacun a son interprétation de l’existence humaine : Lutte contre l’ennemi et ses amis en est une. Les pouvoirs en place sont mécréants, ils méritent la mort. L’injustice et les régimes policiers tortionnaires font que les hommes oppressés préfèrent la mort que d’être maltraités. Les bombes humaines peuvent surgir à n’importe quel moment. Une société comme la Mauritanie ne supporte pas de tels phénomènes. Le politique cherche à se prémunir contre le risque tout en appliquant implicitement la politique de l’autruche. Ce qui sous-entend que le risque est là mais nous allons faire en sorte de l’éloigner (le 3 août en est une explication). Ces politiques leur échappent inconsciemment que l’instabilité n’épargne personne. La France fait de la mondialisation, l’identité, l’emploi un débat central, alors nous sommes dans un stade de soumission incompréhensible. Il s’agit toujours du refus de l’autre. Tel refus peut être tribal, ethnique, sectaire ou économique. Les riches vont se constituer en une classe fermée leur permettant de préserver leurs biens tout en se créant un besoin destructif pour certains d’entre eux d’une part et pour le reste de la société, d’autre part. La tolérance mauritanienne va être un pur passage vers l’intolérance humaine. Malgré tout, nous appartenons à ce monde. Nous sommes des individus avec des faiblesses et des forces. Mais nous cherchons toujours cette force. Par Mohamed Fouad Barrada
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