| Qui sera Président en Afrique demain ? |
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| 19-08-2007 - 07:07 | |
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Par Michaël Cheylan Les Africains se seront beaucoup déplacés en cette année 2007 pour aller voter. A l’Ouest notamment. Sénégal, Mali, Mauritanie, Nigeria, Sierra Leone… les urnes ont été mises à rude épreuve. Les nerfs aussi car, dans nombre de ces pays, les résultats ont été – c’est un euphémisme - sujets à caution. Du coup, rares ont été les surprises à l’issue des dépouillements, la prime aux sortants ou à leurs « poulains » ayant – comme à son habitude – joué à plein. Les choses risquent-elles de changer fondamentalement dans les années à venir ? En partie seulement car les élections présidentielles en Afrique d’ici 5 ou 10 ans devraient dans leur grande majorité se dérouler selon l’un des cinq scénarios suivants : - la succession népotique : où l’on voit le fils succéder au père comme ce fut le cas, par exemple, au Togo en 2005. L’Egypte et le Gabon, avec respectivement Gamal Moubarak et Ali Bongo, voire le Sénégal avec Karim Wade, sont susceptibles d’entrer dans cette catégorie. - la succession messianique : au terme de laquelle un militaire, ayant renversé quelques années auparavant un dictateur avant de rétablir la démocratie et de remettre les pouvoirs entre les mains d’un civil, se présente à l’élection présidentielle et la remporte. ATT au Mali incarne cette figure messianique venu sauver son peuple du joug du tyran (en l’occurrence Moussa Traoré) avant de remettre le pouvoir à un civil (Alpha Oumar Konaré) en 1992 pour le reprendre par les urnes en 2002. C’est ce type de scénario que pourrait connaître, lors du prochain scrutin, la Mauritanie avec Ely Ould Mohammed Vall, le colonel à la tête de la junte militaire qui renversa en 2005, sans effusion de sang, le très autoritaire Maaouiya Ould Taya. - la succession retenue : qui voit un président en exercice, ayant effectué ses deux mandats consécutifs et qui au terme de la Constitution ne peut plus se représenter, tenter de conserver son pouvoir en installant un homme à sa main (son « poulain » ou sa « marionnette ») sur le trône présidentiel. C’est ce cas de figure qui s’est produit tout récemment au Nigeria, où le Président sortant Olusegun Obansajo a tout fait pour écarter l’un des favoris, Atiku Abubakar, de la course et faire élire un inconnu, Umaru Yar’Adua. L’Afrique du Sud (eh oui !) pourrait à son tour connaitre pareille (mes)aventure : le président Thabo Mbeki déploie actuellement tous ses efforts pour écarter de l’investiture de l’ANC (qui permet, de fait, à l’heureux de devenir Président) Jacob Zuma au profit de ses hommes – ou plutôt ses femmes – de main, l’actuelle vice-présidente Phumzile Mlambo-Ngcuka, voire Nkosazana Dlamini-Zuma, ministre des Affaires étrangères et ex-épouse de… Zuma. - l’auto-succession différée : c’est une variante extrême de la succession retenue. Dans cette hypothèse, un ancien président, ayant accompli ses deux mandats, ne peut au terme de la Constitution se présenter pour la troisième fois consécutive. Il passe donc son tour et fait élire un homme à sa main avant de se représenter lors des élections suivantes, la Constitution lui prohibant en effet d’exercer trois mandats successifs mais pas trois mandats différés dans le temps. Ce scénario pourrait bien se profiler dans quatre ans au Nigeria… - la succession démocratique, enfin : où l’on voit un candidat accéder à la présidence au terme d’une élection réellement démocratique, juste et transparente. Espérons que cette dernière catégorie l’emporte à la longue sur les précédentes. Mais plutôt que de vous dire les pays auxquels je pense ici, je préfère vous laisser prendre les paris. J’attends donc vos suggestions dans la rubrique commentaires… Source: Cap Afrique |
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