mauritanie

Retour de bataillons Version imprimable Suggérer par mail
25-05-2007 - 14:59

Par: Cheikh Touré


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Une pensée pour nos frères déportés
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Il a toujours fallu un coup d'état pour qu'un régime mauritanien confesse enfin les limites et travers de sa gestion. Après vingt mois d'une tortueuse transition, la réalité publique n'a pas vu de véritable évolution. Pour ne pas dire qu'à certains égards, elle connaît une mafieuse régression. Pourtant, au nom de la justice et la démocratie, les putschistes s'étaient engagés à lui apporter bien des corrections. Un mois après leur retrait partiel, l'actualité nationale les accable à raison. Quand elle ne prépare pas leur retour dans de «bonnes» conditions. ..

Action dans l'action
En effet, les rares changements opérés n'ont pas amélioré la situation. Surtout en matière de démocratisation. Les «indépendants dépendants» et les conservateurs de l'ancien régime dominent toujours les institutions. Y compris le sénat et l'assemblée dans leurs majorités et commissions. Quoique souvent courroucés et bougons, ils ne peuvent que peser sur les futures décisions. A terme et à profusion.

Jouant les gourous embusqués, des militaires putschistes bravent encore leur propre constitution. En se maintenant à des postes qu'ils ont acquis par force et rébellion. Après avoir décrété la retraite de leurs patrons. D'aucuns les considèrent comme les Pygmalion d'une autre transition… qui ne dit pas son nom. Une sorte d'action dans l'action. Un racket sans interruption. A force de silencieux coups de pistons.

Bien sûr, ces membres de l'ex-comité militaire n'agissent pas en communion. Comme au temps béni de leur insurrection, ils n'ont rien perdu de leurs capacités de désunion. Les uns veulent régner sur la nation. D'autres plaident pour une relative «remise en question». Deux camps qui ne se font plus de concessions.

Partout, sur la toile surtout, c'est la guéguerre de sécession. La lutte de succession. La scission. Mutuelles diffamations.

L'ex-président se dépeint comme un vrai caméléon. Qui aurait abusé de ruses et compromissions. Autant d'accusations que de louanges pour son cousin de compagnon. A croire leurs campagnes de promotion, le peuple devrait y retrouver son Napoléon. Sans doute lors de prochaines élections. D'ici-là, que n'en dira-t-on ?

Propagande raciste
Entre temps, le peuple se gargarise de tensions.La famine et la soif le vident de sensations. Les éclipses électriques à répétition le privent d'informations.La canicule lui coupe la respiration. Au quotidien, crimes et délits sont légions. L'enfer des paradis artificiels pour seul horizon.La drogue atterrit en avion.En 4/4 volés et bourrés de pognon.


Au plan économique, c'est la manne pétrolière qui rationne son robinet de millions. De quoi terrasser bien des ambitions. De pertes en rétrocessions, les investisseurs et partenaires n'y vont plus qu'à reculons. Puis, ce « trop perçu » de l'état qui fait son apparition.

Un trou de «deux cents millions». Détournés pendant la transition…? Politiques et internautes font circuler les pétitions. Ils exigent audits et commissions. Pour faire le bilan de la transition. À l'heure où son principal artisan distribue les fonds.

Aux frontières du pays, le retour des déportés attend toujours le début des opérations. Alors que la propagande raciste crie déjà à la future occupation. Le Fouta des environs serait entrain d'ourdir son plan d'invasion. Dans leur procès en révision, certains médias s'alarment du nombre de divisions. Jadis très à cheval sur cette question, d'autres agitateurs ne s'embarrassent plus de concessions.

Comme les signes avant-coureurs d'une éventuelle mauvaise solution, tout laisse croire que le sort de nos frères subit de douteuses transactions. Vers une autre déportation ? Sans discussion!

A trop s'atomiser, les nouvelles autorités civiles n'encouragent pas les militaires à retrouver leurs garnisons. Et à ce jeu-là, l'on a déjà vu les partis politiques en avoir pour leurs galons. A moins que
l'ultime vocation ne soit un éternel…retour de bataillons !

Cheikh Touré
Article paru dans la Tribune N° 350 du 22 mai 2007
http://contre-x.blogspot.com/

 
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