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Sauvons Sidioca! Sauvons la démocratie! Version imprimable Suggérer par mail
06-10-2007 - 16:57

Par: Sidi Mohamed Ould Hartane

Cet article est tout simplement un cri, un appel pour sauver la démocratie balbutiante de la Mauritanie. L’article a été envoyé pour publication à Click4mauritania et à Cridem. Un grand merci aux Responsables de ces sites qui sacrifient leur sommeil, temps et argent pour la bonne cause.

Aujourd’hui, nous assistons à une levée de bouclier autour du projet de création d’un parti de soutien au Président. Rappelons nous qu’il y a, moins d’un an et demi, un indépendant, sans passé ou attache politiques connus, Mr Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, a su s’aliéner la sympathie  des citoyens, sous l’acronyme « Sidioca ».

Et en quelques semaines de campagne seulement, Sidioca a remporté les premières élections libres, transparentes et démocratiques, grâce à un slogan aussi singulier que « Le Président qui rassure! ».  C’est une 1ère,  un candidat indépendant, sans expérience des coulisses des votes, surgi d’entre deux dune de Lemden, remporte la victoire, devant des partis politiques traditionnellement combatifs, connus de tous, rompus aux campagnes électorales et bien implantés dans les villes et villages. Le terme « sidioca » ne serait-il pas un des premiers concepts du vocabulaire naissant du bébé démocratie de la Mauritanie?  Aujourd’hui, après un peu plus de trois mois d’un gouvernement et d’un Premier Ministre bénis par Le Président démocratiquement élu, rien ne semble avancer. «El vawwa mahi ghallegué, wo less-arr-tall-A », « il n’y a pas d’argent et les prix montent », défiant la loi de la rareté en économie. Aucune décision d’envergure n’a été prise hormis la reconnaissance des passifs sociaux.  Aujourd’hui, débat et écrits sur Internet montrent que les anciens barons des systèmes de gestion dénoncés de tous sont les promoteurs de la création du parti de soutien du Président. Ils veulent en contrôler la naissance et le fonctionnement. Aujourd’hui, on lit également, sur le Web, que l’épouse du Président interfère directement dans les affaires de l’État. L’adage dit : « Derrière tout grand Homme, se trouve une Dame. ». Au vieil adage, on substitut un nouveau adage : « Derrière toute grande Dame, se trouve un Président. »?

Sidioca, pour être élu, au 2ème tour, avait fait des alliances tactiques, de court terme, pour gagner la bataille des élections. Aujourd’hui, les barons des anciens régimes veulent transformer ses alliances tactiques en alliances stratégiques, de long terme.   Eu égard à tout ce qui se passe, aujourd’hui en Mauritanie, il est légitime de se poser les questions de savoir pour qui le citoyen a voté et pourquoi a-t-il voté?  Le citoyen mauritanien a eu à voter pour Sidioca, sur la base de son slogan fétiche; et il a voté pour :


- Que change la façon de gérer la chose publique,
- Pour une bonne gouvernance de l’économie et de la société,
- Pour l’établissement d’un État de droit, avec des lois qui s’appliqueraient à tous et qui donneraient un droit pour tous les citoyens;
- Pour sortir les mauritaniens de la misère.
 

Aujourd’hui, les promesses de Sidioca et le bébé démocratie seraient-ils compromis ou victimes des proches du Président (épouse et alliés)? Que faire pour sauver Sidioca et sauver la démocratie? 

Pour sauver Sidioca et notre jeune démocratie :
Devons nous empêcher les anciens barons de créer un parti et de lui donner le nom qu’ils veulent?
La création d’un parti politique et lui donner le nom voulu relèvent d’un droit garanti par la Constitution.

Devons nous épier les faits et gestes de l’épouse du Président?
Entreprendre des activités quelconques relèvent aussi du droit du citoyen et est garanti par la Constitution. Dans ce cadre, notons que l’épouse du Président a fait preuve de grande générosité en créant, par voie de donation ou de legs, un établissement d’intérêt général qui porte son nom.  Il est clair que le citoyen a voté pour Sidioca, autour du slogan fétiche de « Le Président qui rassure! », pour que la façon de gérer la chose publique change. Les alliances tactiques du 2ème tour ne change en rien les attentes du citoyen.  Le citoyen a également élu un Président de la République, au masculin. Et le seul féminin qui s’appliquerait, ici, versus le Président, serait la Présidence de la République. Dans une démocratie, l’épouse d’un Président qui s’improviserait en Présidente de la République s’exposerait immanquablement à des poursuites pénales d’usurpation d’identité. Comme le serait d’ailleurs l’époux d’une Présidente. À titre d’exemple, l’époux de la reine Élisabeth ne s’est jamais appelé roi d’Angleterre; en dépit du fait que le mari d’une reine est un roi.  Que faire pour sauver Sidioca et sauver du même coup notre bébé-démocratie? Au regard des velléités des barrons des anciens régimes, à reconstruire une niche stratégique de pouvoir, et au regard de la confusion pour qui le citoyen a voté, et qui a été élu à la Présidence de la République, il est plus qu’urgent de mettre en place des mécanicismes clairs et précis d’une vraie démocratie.  Lesquels mécanismes doivent être fondés sur :

- le concept d’un État de droit et d’une égalité de tous devant la loi;
- la bonne gouvernance basée sur la lutte contre la gabegie et la malversation, et dans la gestion de la chose publique;
- la définition et l’exercice d’une fonction publique axée sur la gestion saine des ressources humaines du pays;
- la mise en place d’une relance de l’économie par le lancement de grands projets de développement économiques;
-la lutte efficace contre la pauvreté en permettant l’accès effectif à l’éducation par une redéfinition d’un système éducatif et un enseignement adaptés, à la santé, au travail par l’égalité des chances, au logement, à tous les citoyens;
- la définition des modes de financement des partis politiques, par l’État, par les citoyens eux-mêmes, et des limites au recours à ces modes de financement;
- la définition claire et précise de lois régissant les contours des actions et activités des partis politiques, de leurs relations avec le pouvoir en tant que parti de la majorité ou simplement en tant que partis d’opposition;
- la criminalisation du délit d’initié et du favoritisme systématique au détriment du choix judicieux des compétences;
- la criminalisation des malversations, de la mauvaise gestion et du clientélisme politique social;
l’apaisement du climat social en créant une commission de réconciliation nationale chargée des passifs sociaux, du retour organisé des réfugiés et de l’organisation d’un débat national sur les priorités du moment.
 

La mise en place de cet ensemble de disposition contribuerait à apaiser les craintes du citoyen versus aux velléités des barons des anciens régimes ou des agissements répréhensibles de toute baronne fusse-t-elle l’épouse du Président démocratiquement élu.  L’égalité de tous devant la loi permettrait de traduire tout délinquant de position ou d’influence, d’initié, devant les tribunaux. 

 
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