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Sens et essence de la politique Version imprimable Suggérer par mail
17-06-2007 - 11:08

Par: Abderrahmane NGAIDE (Bassel)
 
La politique est une mise en scène. C’est un théâtre. Ce sont des annonces, des promesses et des discours. C’est aussi un pouvoir de séduction. C’est cela la politique. Je le crois.

La politique tranche avec la logique des sentiments et du cœur. Elle est par essence « mensonge » créateur de convergences et des plus surprenantes. C’est cela la politique, encore une fois. Un politicien qui ne s’inspire pas de cette réalité « irréelle » de notre monde sera celui-là qui n’aura pas compris ce qui coule des vannes de la pratique du politique. Je crois à l’éthique, à la volonté et au courage moral en politique, mais je balaie du revers de la main la naïveté en politique et l’inconséquence qui l’inspire car tout est calcul et stratégie en politique. Sarkozy en est un exemple patent. Et l’histoire lui donne raison.

Et le politicien doit être opportuniste dans l’âme, vindicatif quand le moment le vaut, mais conciliant dans la rigueur quand une occasion se présente devant lui. Voilà ma conception du politique. Nous avons la fâcheuse habitude de dire que tout est politique alors que c’est une assertion fausse ; car elle ne se déploie pas dans la réalité qui fonde notre devenir multiple et varié, nos possibilités d’inverser les situations et de raffermir nos positions par rapport au possible. Tout est politisable, ah là oui !
 
C’est cela qui stupéfait, mais qui enchante en même temps car c’est dans les coulisses du politisable que nous déployons nos tactiques de négociations et les différentes subtilités qui les fondent. Mais évitons justement de politiser à outrance les problèmes qui se posent à notre marche vers les compromis du possible et de l’imaginable. Les décisions relèvent des politiques, mais les propositions émanent de notre intelligence du moment. Stratégie et théâtralisation se confondent dans les esprits de ceux qui ne comprennent rien et qui semblent toujours rechercher la bête ou l’anguille. Cette posture de fouineur retarde et indétermine le devenir des négociations et tend à mettre un terme à nos volontés affichées et à nos subtilités cachées.
Des avenues restent ainsi ouvertes pour cheminer ensemble sans se renier une seule fois dans nos convictions les plus profondes. La Mauritanie n’appartient point et n’a jamais appartenu à Maawiya, ses acolytes, le CMJD, l’actuel Président, les opposants et la classe politique actuelle. Elle nous appartient à nous issue de cette génération du sacrifice de notre devenir. Il nous faut un sursaut, une reprise de la parole, une volonté d’agir et de changer les choses. 2012 est un horizon si proche que l’action est convoquée et l’intelligence sollicitée. Le monde actuel s’y prête merveilleusement malgré tout ce qu’on peut penser.
 
PS : L'hivernage s'installe chez moi et les premières gouttes de pluies raffraîchissent les méninges.
 
Dakar, 17/06/07

 
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