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Par: La mauritanienne  Une année s'est écoulée. Ce n'est pas nouveau. Chaque jour est la fin d'une année et le commencement d'une autre. Chaque jour est en quelque sorte un anniversaire pour quelqu'un, un souvenir agréable, ou triste, c'est selon. Le 26 février 2008, marque pour Sidi Ould Cheikh Abdallahi, un anniversaire. Mémorable est cette journée anniversaire, sans doute pour lui, pour sa famille, et pour certainement tous ceux qui ont exprimé leur soutien à cet homme, devenu Président, un an auparavant. C'est la fête d'une victoire, celle de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. C'est également celle de la défaite de son rival pour cette élection. L'on peut même pousser la générosité, et attribuer cette fête à la démocratie en Mauritanie. La première alternance pacifique, jamais expérimentée, dans le pays, en tout cas, où une élection se fait sans que le président en exercice ne soit candidat à sa propre succession. Une fête encore, vu de ce prisme là.
Si le Président et les siens tendent à commémorer cette journée, est-ce que la démocratie mauritanienne, est-ce que les Mauritaniens doivent la fêter ? Là est peut-être la question. Car, s'il s'agit d'une fête, c'en serait une, mais personnelle…très personnelle, qui ne concerne que Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et son entourage immédiat. Car la victoire, un an après était celle d'un homme, qui a battu un autre. Mais, un an après, il s'est avéré que ni la démocratie, ni les Mauritaniens n'ont, malheureusement, gagné quoi que ça soit. La démocratie, celle-là qui a constitué une aspiration populaire depuis deux décennies ou presque s'est associée, une année durant, à l'instabilité, à la crise socio économique et à la déception. Si Ould Taya, à cause, ou grâce, à son mode de gouvernement, en main de fer, serais-je tentée de dire aujourd'hui, nous a fait rêver d'un véritable système démocratique, et si le CMJD a nourri en nous un espoir incommensurable, Sidi Ould Cheikh Abdallahi tend, en tout cas, avec sa manière de diriger à nous faire douter de la vertu démocratique. C'est du moins l'image qu'il s'efforce à entretenir depuis une année. Si Ould Cheikh Abdallahi a gagné une bataille électorale, les Mauritaniens, eux en ont perdu d'autres. Ils ont perdu sur tous les domaines. La bataille de la paix sociale, de la stabilité, celle-là, il l'ont perdu face à l'insécurité, le recrudescence de la délinquance. Ils ont perdu, également la bataille de la sécurité alimentaire, face à la cherté quotidienne et la flambée vertigineuse de prix des produits de premières nécessités. Un an après son élection ! Bilan ! Qui sont les gagnants ? Sidi Ould Cheikh Abdallahi est certes un gagnant, mais d'une élection. L'insécurité et le terrorisme qui ont gagné davantage de terrain. Les produits de premières nécessités qui portent le flambeau de leur triomphe sortent victorieux de cette première année démocratique. Tels étaient les gagnants de cette première année. Et si une bataille produit des gagnants, elle engendre forcément des perdants. Ceux qui n'assisteront pas aux liesses et allégresses de la fête. Ceux-là, les défaits, un année après. Qui sont les mauritaniens, la démocratie, la sécurité alimentaire et la sécurité tout court. Si cet anniversaire est une journée de fête pour certains, il celle d'un défaite pour d'autres. Bonne fête quand même ! |